PROMENADE. Eduardo Aquino.

À l’automne 1997, le premier de quatre projets de la série «Écran et bannière» sur la fascine attenante à la façade nord du Musée régional de Rimouski, Promenade du brésilien d’origine Eduardo Aquino, traite de la présence historique et urbanistique du fleuve Saint-Laurent pour la ville de Rimouski.

Le long de la façade nord du Musée, une structure métallique conçue par les architectes Dupuis Le-Tourneux et inspirée des fascines utilisées par les gens du littoral pour la pêche à l’anguille sert aujourd’hui à accrocher des bannières annonçant les expositions en montre au Musée.

Dans cette série, cette structure fait l’objet d’interventions d’artistes choisis : Eduardo Aquino de Montréal, Anne Ramsden de Toronto, Phillip Barker de Toronto et Patrick Altman de Québec. Ces artistes portent tous un intérêt à la réalisation d’œuvres dans l’espace public. Ils explorent ici les possibilités d’affichage public ou de rétroprojection offertes par cette structure. Leurs œuvres s’inscrivent dans les préoccupations de plus en plus marquées des artistes d’aujourd’hui envers l’espace public, les enjeux et les messages qui le déterminent.

Structure ambiguë, la fascine constitue un écran qui exprime la limite physique de l’édifice du Musée en même temps que l’ouverture de l’institution à la collectivité à qui elle s’adresse. Habituellement plus utiliser pour la promotion d’événements que comme site d’une expérience artistique, cette structure suscitera aussi des comparaisons avec l’univers de la publicité, d’en détourner ainsi les contenus symboliques et les modalités de fonctionnement. Au-delà de ses caractéristiques physiques, elle offre donc un contexte riche ouvrant sur des questions sociales et politiques plus larges.

En témoignent ces présentations, le travail des artistes se veut l’expression d’un point de vue personnel critique s’ajoutant aux intérêts tant privés qu’institutionnels qui s’affrontent dans la sphère publique au nom de l’intérêt collectif.

 PROMENADE. Eduardo Aquino.

Conçue spécifiquement pour l’occasion, Promenade (1997) d’Eduardo Aquino constitue la première intervention de cette série. Le soir, en médaillon au haut de la fascine, des photographies projetées par l’arrière représentent des passants saisis en pleine activité, ou des fragments du paysage de la région de Rimouski. Au niveau de la rue, des haut-parleurs font entendre le bruit des vagues se brisant sur le rivage tandis qu’à l’intérieur du Musée, dans le déambulatoire nord de la salle d’exposition à l’étage, l’artiste a construit une structure imitant les trottoirs de bois utilisés un peu partout dans la ville au XIXe siècle.

Eduardo Aquino cherche ainsi à donner un caractère monumental à l’image des passants et des flâneurs photographiés à Rimouski et dont les activités se déroulent souvent dans l’ignorance de l’institution muséale. Partant des caractéristiques du lieu, il attire notre attention sur les déplacements quotidiens effectués à pied ou en voiture, sur la rue Saint-Germain ou la voie rapide longeant le fleuve à cet endroit. À l’intérieur du Musée, une institution vouée notamment à la conservation des vestiges hérités du passé, il nous invite à circuler sur un plancher imitant les trottoirs de l’époque et récrée dans le déambulatoire un belvédère offrant un point de vue sur le fleuve Saint-Laurent. Dans une attitude contemplative, le visiteur du Musée revit ainsi l’expérience d’une certaine proximité avec cette majestueuse étendue d’eau, alors qu’à l’extérieur au niveau de la rue le passant est surpris d’entendre le bruit de la mer, redonnant à ses déplacements une certaine intimité avec celle-ci.

Dans l’expérience poétique qu’ils provoquent, les éléments mis en scène désignent ainsi le site exceptionnel où se sont implantés jadis les premiers habitants de communauté et la coupure d’avec le fleuve que le développement progressif de la ville a imposée à l’agglomération urbaine.

D’après les textes de médiation remis aux visiteurs, lors de l’exposition Promenade d’Eduardo Aquino, du 18 septembre au 9 novembre 1997, au Musée régional de Rimouski, dans le déambulatoire de la Salle Hydro-Québec et fascine extérieure.

 

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