Luc Laporte. Une cité pour 33 296 habitants.

Avec Une cité pour 33 296 habitants Luc Laporte vise à changer notre conception de la manière d’habiter en ville. | With A City for 33,296 inhabitants Luc Laporte aims to change our conception of urban living. (Français | English)

ENGLISH FOLLOWS

De manière générale, l’architecture et l’urbanisme sont perçus comme des réponses formelles à des circonstances et des situations concrètes. En tant qu’architecte, Luc Laporte est d’ailleurs connu pour la réalisation de projets en milieu urbain. Comme il le souligne, il est difficile de concevoir et de réaliser un bâtiment d’habitation, même de quelques étages, où il fait bon vivre.

L’ambition d’implanter une ville nouvelle entièrement planifiée sur une île relève de la folie pure. Sa démesure et sa part d’irréalisable au regard du développement des agglomérations urbaines aujourd’hui en font un modèle, tout de même significatif dans sa vraisemblance par rapport à la réalité, mais émancipateur par la distance prise avec celle-ci. Par son étymologie, le terme utopie est marqué de l’ambiguïté entre aucun lieu, nulle part et un lieu heureux. Sa localisation est souvent celle d’une géographie imaginaire : une île inconnue ou un continent lointain. Ce lieu permet d’ailleurs une coupure dans le temps inhérente au caractère utopique de ces visions.

Par ses résonances, Une cité pour 33 296 habitants redéfinit différentes utopies architecturales du passé comme les cités idéales de la Renaissance, le Phalanstère de Charles Fourier au XIXe siècle ainsi que, plus près de nous, la ville industrielle de Tony Garnier, la Ville pour trois millions d’habitants de Le Corbusier et le Broadacres City de Frank Lloyd Wright. Il demeure maintenant à nous de saisir et de cerner la pertinence particulière de la vision de Luc Laporte en regard de notre expérience de la réalité urbaine actuelle.

Villes et territoire

 Une cité pour 33 296 habitants regroupe sur un territoire restreint, de cinq kilomètres au plus, les résidences, lieux de travail, commerces et services destinés aux habitants d’une cité comparable à Rimouski mais pouvant loger jusqu’à 100 000 habitants.

 

En cela, Luc Laporte s’inspire de villes italiennes construites à l’échelle humaine comme Venise ou Ferrare et de l’urbanisme de métropoles comme Barcelone ou Paris, son septième arrondissement en particulier. Il imagine un plan urbain propre à l’expression d’une vie collective et d’une convivialité si caractéristique de son travail bâti. Aux villes actuelles qui ne cessent de s’étaler en banlieues-dortoir, il oppose une ville circonscrite, restreinte à une île, rapprochant par le fait même le territoire naturel de l’urbain.

 

La définition de la ville en opposition à la campagne, au mode de vie traditionnel et à la relation motivée au territoire, ne tient plus aujourd’hui. Animées par l’omniprésence de l’automobile, les villes actuelles ne cessent de s’étendre, s’emparant de territoires identifiés comme sub-urbains et rurbains achevant de confondre les termes de cette ancienne dichotomie. L’urbanité se déploie maintenant comme un réseau, un maillage infini, liant entre elles des agglomérations de différentes envergures.

Le projet utopique de Luc Laporte s’oppose à une urbanité soumise à l’automobile et au réseau routier déployé à toutes les échelles sur la totalité du territoire comme les agglomérations actuelles ou comme l’aurait été Broadacres City de Frank Lloyd Wright. Il prône plutôt un regroupement intégré d’unités d’habitations et de services réhabilitant à petite échelle un art d’habiter la cité et de vivre en communauté. Sa ville se présente comme un nœud dans un maillage routier interurbain, analogue à la toile informatique organisant aujourd’hui nos communications.

 

Outre Luc Laporte, les personnes suivantes ont étroitement collaboré à cette réalisation : Matthieu Geoffrion pour la maquette l’échelle 1 : 1000; Martin Vincent et son assistant Christian Longpré pour la maquette du territoire à l’échelle échelle 1 : 10 000, ainsi que  Vladimir Ullman, Yseult St-Jacques, et pour le dessin assisté par ordinateur, Marc Pelletier.

D’après le texte accompagnant l’exposition Une cité pour 33 296 habitants de Luc Laporte, réalisée par Marie Perrault et produite par le Musée régional de Rimouski, du 18 juin au 10 septembre 2000, et présenté à nouveau à Montréal au 1700 La Poste en 2014.

 

ENGLISH

Luc Laporte. A city for 33,296 inhabitants

The architectural gesture testifies as well as it conditions our way of life and a social organization. A city for 33,296 inhabitants of Luc Laporte aims to criticize and change the way we live today.

As an architect, Luc Laporte is known for projects in urban areas, and as he points out, it is difficult to design and build living spaces truly adapted to our individual and social life even in a residential. Therefore, the ambition to establish a new city up to that ideal and entirely planned on an island is pure madness. Its excessiveness and its share of unachievable in relation to the development of urban agglomerations today make it a model, all the same significant in its likelihood compared to reality, but emancipatory by the distance taken with it.

By its etymology, the term utopia is marked by the ambiguity between no place or nowhere and an ideal place. Its location is often that of an unknown island or a distant continent. Utopia also allows a break in time inherent to its imaginary character.

By its resonances, A city for 33,296 inhabitants redefined past architectural utopias as the ideal cities of the Renaissance, the Phalanstery of Charles Fourier in the nineteenth century and, closer to us, the industrial city of Tony Garnier, the City for three million inhabitants of Le Corbusier and the Broadacres City of Frank Lloyd Wright. It is now up to us to grasp and identify the particular relevance of Luc Laporte’s vision to our experience of the current urban reality.

Cities and Territory

A city for 33,296 inhabitants brings together, in a limited area of no more than five kilometers, residences, workplaces, businesses and services intended for the inhabitants of a city comparable to Rimouski but able to house up to 100,000 inhabitants.

In this, Luc Laporte is inspired by Italian cities built on a human scale like Venice or Ferrara and urbanism of metropolises like Barcelona or Paris, his seventh arrondissement in particular. He imagines an urban plan specific to the expression of a collective life and a conviviality so characteristic of his other built works, restaurants (Lalloux and Lemeac), artistic centres (Société des arts technologiques SAT and 1700 La Poste), and the Bassin Bonsecour Pavillion in Old Montréal). To today’s cities, which continue to spread out in dormitory suburbs, he opposes a circumscribed city, confined to an island, bringing the natural territory closer to the urban.

The definition of the city in opposition to the countryside, the traditional way of life and the motivated relation with the territory, no longer holds today. Animated by the omnipresence of the automobile, the current cities do not cease to extend, seizing territories identified as suburban and rurban ones completely confuse the terms of this old dichotomy. Urbanity now unfolds as a network, an infinite mesh, linking together agglomerations of different sizes.

Luc Laporte’s utopian project is opposed to urbanity subject to the automobile and the road network spreading at all scales throughout the territory. Rather, it advocates an integrated grouping of housing units and services that rehabilitate an art of living in the city and living in community. His city is like a node in an interurban transportation network, analogous to the computer network that today organizes our communications.

 

In addition to Luc Laporte, the following people collaborated to this project: Matthieu Geoffrion for the model of the city, scale 1: 1000; Martin Vincent and his assistant Christian Longpré for the model of the territory, scale 1: 10,000, as well as the contribution of Vladimir Ullman, Yseult St-Jacques, and for computer-assisted drawing, Marc Pelletier.

A free translation of the text accompanying the exhibition Luc Laporte A City for 33,296 inhabitants, curated Marie Perrault and produced by the Regional Museum of Rimouski from June 18 to September 10, 2000, also presented in Montréal at 1700 La Poste in 2014.

 

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