Mobilités / Mobilities

En 2016, la 34e édition du Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul explorerait les phénomènes liés aux mobilités et aux imaginaires qui l’animent. / In 2016, the 34th Baie-Saint-Paul International Symposium of Contemporary Art, explored phenomena concerned with mobilities and the imaginary motivating it. (Français / English)

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Le Symposium en deux mots

Le Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul est un événement unique au Québec. Chaque année, pendant un mois, douze artistes issus de différentes générations et de disciplines variées sont invités à créer une œuvre à la vue du public autour d’un thème. Au programme viennent s’ajouter des conférences, des présentations d’artiste, des kiosques ludiques et des projections en lien avec ce thème.

Le Symposium, plus de 30 ans

Au cours des 30 dernières années, le Symposium a accueilli au-delà de 400 artistes provenant de 28 pays d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Afrique. L’évènement a accueilli des artistes de renom et servi de tremplin à plusieurs artistes de la relève, notamment Christopher Boyne, Mathieu Cardin, Annie Descôteaux, Anna Hawkins et David Martineau Lachance, lors de l’édition 2015 et dont le travail a été montré à plus d’une reprise depuis.

Mobilités

Abordant les mobilités actuelles, cette édition du Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul s’inscrit dans une série traitant des changements liés au développement des technologies et amorcée en 2015 avec le thème Murmures du quotidien.

Tout au long du XXe siècle, nos sociétés ont été marquées par l’évolution des moyens de transport et des communications, ainsi que par le développement des infrastructures et des réseaux ayant rendu ces changements possibles. Aujourd’hui, l’utilisation répandue de technologies et les connexions en réseau contribuent à un sentiment de circularité généralisé. Que l’on bouge soi-même ou non, la mobilité occupe une place importante dans nos vies.

À l’aube de la modernité, les artistes, dont les futuristes italiens, étaient fascinés par la vitesse et le mouvement. Alors que s’amorce aujourd’hui une troisième révolution industrielle ancrée dans la fluidité, quel regard les artistes posent-ils sur ce phénomène, ses motivations et ses conséquences ?

Les douze artistes retenus pour la 34e édition du Symposium explorent l’imaginaire du voyage et les phénomènes de migration, les mouvements d’objets et de marchandises, les moyens et les réseaux de transport, ainsi que les communautés nomades fondées sur une expérience partagée de déplacement ou d’errance.

Nicole Bauberger
Whitehorse (Yukon)

La peintre Nicole Bauberger travaille depuis plusieurs années à une série intitulée Get There From Here, constituée de tableaux réalisés au rythme d’un à chaque 50 km de la route Transcanadienne qu’elle a parcourue de la côte Pacifique à la côte Atlantique et depuis l’extrémité nord jusqu’au sud du Canada. De manière singulière, mais en toute légalité, elle examine ainsi les espaces publics qui se déploient autour de ce réseau routier, un vaste projet auquel nous contribuons en tant que Canadiens et dont plusieurs bénéficient comme utilisateurs.

En parallèle, elle réalise aussi une série de tableaux à l’encaustique autour du motif de la robe qu’elle met en scène pour illustrer une expérience individuelle de déplacement, relevant d’une sensibilité personnelle individuelle.

Au Symposium, l’artiste a exposé 10 tableaux représentant chacun des 50 km à l’est du carrefour où l’on quitte la Transcanadienne pour se diriger vers Baie-Saint-Paul, 10 tableaux représentant la même distance à l’ouest du même endroit. Par ailleurs, à partir de photographies prises dans la région de Charlevoix, elle également réalisé sur place des tableaux du réseau routier desservant les environs, notamment les routes 138 et 362.

S’est ajoutée à cela la série 100 robes de Baie-Saint-Paul constituée d’autant de petits tableaux réalisés à l’encaustique et inspirés de détails de la vie locale témoignant de culture et du contexte charlevoisiens.

Nicole Bauberger vit et travaille à Whitehorse. Diplômée de l’Université Trent en mathématique et en études anglaises, elle poursuit ses études au Ontario College of Art et travaille ensuite comme apprentie dans l’atelier du peintre David Bierk. En 2016, elle a complété un projet de recherche sur le tissage traditionnel des Premières-Nations, en vue de l’obtention d’un diplôme en études nordiques du Yukon College de Whitehorse.

Elle a effectué des résidences d’artistes, dans des parcs nationaux et au sein d’organismes culturels. Ses œuvres sont régulièrement exposées au Canada. Sa participation au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul consistait en une première présentation de la série Get There From Here dans l’Est du Canada.

Patrick Beaulieu
Orford (Québec)

Patrick Beaulieu est un artiste multidisciplinaire qui s’exprime au moyen de parcours performatifs, de sculptures, de vidéos, de photographies et d’installations.

Son travail se développe autour d’expériences et de rencontres vécues lors de voyages performatifs poétiques à travers l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie, notamment Méandre, L’échelle de Beaufort —La marche du vent, Transfriable, ainsi que Vegas, Ventury et Vecteur Monarque, qu’il réalise avec la collaboration d’écrivains, de philosophes, de designers graphiques et d’architectes paysagistes. Découlent de ces trajectoires des œuvres visuelles inspiré par des phénomènes naturels (vents, marées et cycles migratoires), le hasard, la chance ou la synchronicité de situations.

Dans le cadre du Symposium, Patrick Beaulieu a effectué une série de courtes excursions au cours desquelles il a tenté d’atteindre des destinations imaginaires en suivant les indications des gens qu’il a croisé par hasard en chemin. En s’appropriant de manière poétique des toponymes de la région, il a cherché à parvenir à ces lieux fictifs, liés à la géographie et l’histoire locales. Ses excursions lui ont permis de colliger ou de produire des traces et des documents sous forme de courtes vidéos, de photographies, de cartes géopoétiques et de collections d’objets.

Patrick Beaulieu vit et travaille à Orford dans les Cantons-de-l’Est. Il détient un baccalauréat en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal. Il expose régulièrement tant au Canada et au Québec, qu’à l’étranger, notamment en Belgique, en France, à Singapour et au Mexique, pays où il a aussi participé à plusieurs résidences d’artiste. Il a également réalisé de nombreuses œuvres d’art public dans des écoles, des bibliothèques, des établissements de santé et des parcs de plusieurs régions du Québec. Il est représenté par la galerie Art Mûr de Montréal.

Camille Bernard-Gravel
Québec (Québec)

Camille Bernard-Gravel s’inspire de phénomènes naturels simples, facilement observables au quotidien ou dans notre environnement immédiat. Ses recherches plastiques se nourrissent d’une attention portée notamment aux interactions entre l’eau, l’air et la lumière, ainsi qu’aux mouvements et aux sons produits par ces éléments.

Elle utilise des matériaux industriels ou appartenant à l’environnement urbain, pour réinterpréter des phénomènes naturels comme la pluie, le vent et la réverbération de la lumière, et en reproduire les qualités sonores. Au moyen de vidéos, d’installations, de sculptures cinétiques et d’œuvres audio-visuelles, elle évoque le caractère immatériel de ces épiphénomènes.

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Camille Bernard-Gravel, 2016. Photo : René Bouchard

Son travail fait appel à des notions de mécanique et lie dans une sorte de performance les éléments dans un système fluide, nous sensibilisant à la poésie de la nature qu’elle perçoit comme un réseau d’interrelations dynamiques et mobiles. Au Symposium, elle a réalisé des éléments cinétiques inspirées du développement des végétaux et sensibles à la présence des visiteurs, eux-mêmes des éléments perturbateurs, au sein d’un écosystème bio-mécanique artificiellement créé.

Native de Québec, Camille Bernard-Gravel détient un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval. Son travail a fait l’objet d’expositions individuelles au Québec et à l’étranger. Ses œuvres ont également été montrées lors de résidences d’artiste en France, en Thaïlande, et au Mexique.

Eveline Boulva
Québec (Québec)

Les thèmes du territoire et du paysage sont au cœur de la pratique d’Eveline Boulva. Le territoire s’y définit comme un espace géo-social indissociable des identités et des imaginaires collectifs. Il constitue la matière première du paysage, qui lui relève d’une perception subjective d’espaces naturels ou humanisés.

Les déplacements et les voyages s’inscrivent dans sa démarche comme des moments préalables essentiels. Il s’agit alors pour elle d’observer le territoire, d’en faire l’expérience, pour ensuite Lanalyser et en comprendre le caractère spécifique. Elle souhaite par la suite traduire et exprimer, sous forme de tableaux et de dessins, l’hétérogénéité intrinsèque et les spécificités des espaces parcourus, vecteurs d’appartenance de l’humain à son milieu.

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Eveline Boulva, 2016. Photo : René Bouchard

Lors du Symposium, l’artiste a travaillé à partir de photographies aérienne des berges du fleuve Saint-Laurent, qu’elle a réinterprétées par une superposition de multiples couches minutieusement appliquées de glacis d’acrylique, allant de gris légèrement colorés teintés à des glacis colorés. Des matrices numériques isolant chacune de ces nuances seront découpées dans une pellicule de vinyle, servant de pochoir lors de l’application des couches successives de la matière picturale.

Dans la production même de ses tableaux, la représentation revêt un caractère topographique où, sur les tons les plus foncés appliqués en premier, se superposent ensuite les tons les plus clairs et jusqu’au blanc, en construisant peu à peu des reliefs.

Née à Québec, où elle vit et travaille, EvelineBoulva est titulaire d’un doctorat de l’Université Laval alliant les arts visuels et la géographie. Elle a présenté son travail dans le cadre de plusieurs expositions et a également participé à des résidences de création au Québec, au Canada et à l’étranger. Elle a réalisé plusieurs œuvres d’art public et ses œuvres font partie de collections particulières ou institutionelles. Elle est représentée par la Galerie Lacerte.

Samuel Breton
Québec (Québec)

La démarche de Samuel Breton s’incarne dans des animations et des collages multidisciplinaires, où la poésie agit comme une force d’évocation nous permettant d’explorer la réalité.

Il juxtapose et superpose des références à des objets courants et leur conférer à dessein un sens poétique énigmatique. Pour ce faire, il use librement de médiums traditionnels, tels le dessin et l’écriture, qu’il allie à la vidéo d’animation. Il explore ainsi par l’image et le langage, la photographie et le cinéma, tant la culture actuelle que celle héritée du passé.

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Samuel Breton, 2016. Photo : René Bouchard

Au Symposium, il a développé une installation vidéo performative s’inspirant d’une icône vestimentaire nordique, soit la traditionnelle botte Sorel, évocatrice des déplacements à pied l’hiver. Autour du modèle désigné « Eskimo » datant des années 60, il a questionné cette appellation perçue comme péjorative par les Inuit, en même temps que notre perception stéréotypée de leur culture. Cette chaussure hivernale devient alors pour lui un véritable marqueur temporel du passé. Elle lui permet d’aborder le thème de mobilité à son premier niveau, celui de l’objet vestimentaire industriel associé à la marche humaine, en même temps qu’elle relate poétiquement les conséquences néfastes de la mobilité exploratrice des Européens en Amérique.

Reproduite en format surdimensionné sur le mur de l’atelier, la botte Sorel servira de décor, tour à tour banquise, habitation et bord de mer, où l’artiste jonglera avec le stéréotype de l’Eskimo, à la manière d’une figurine intégrée à une mise-en-scène presque burlesque.

Samuel Breton détient un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia (2010) et une maîtrise en arts visuels de l’Université Laval (2012). Ses installations combinent le dessin, le cinéma d’animation et la vidéo. Son travail a été présenté au Québec et au Canada. peu avant le Symposium, il avait obtenu une bourse Première Ovation en arts visuels pour la production des projets Hibou et Ouchanka.

Geneviève Chevalier
Eastman (Québec)

Agissant à la fois comme artiste, commissaire et chercheuse universitaire, Geneviève Chevalier aborde la pratique artistique de manière conceptuelle et contextuelle. Son approche se développe tant dans I’espaced ‘exposition que par le biais de recherches académiques ou de l’écriture critique. Elle s’intéresse aux enjeux écologiques actuels autour de sites naturels et géographiques et à leur traitement institutionnels ou discursifs.

Faisant de la galerie un lieu d’expérience sensible et de recherches, elle utilise les objets, les images et le texte pour explorer les possibilités expressives ou discursives qu’offre leur présentation organisée sous forme d’expositions, inspirées notamment du musée d’histoire naturelle. Elle souhaite d’ailleurs repousser les limites de cette mise en scène, à partir de la présentation d’objets et de données qu’elle récolte sur les sites qu’elle explore ou qu’elle étudie.

À Baie-Saint-Paul, elle a réalisé des recherches autour de la question de la migration saisonnière des oiseaux, un phénomène appelé à changer dans un futur proche. À partir d’observations effectuées en parcourant le Sentier des caps de Charlevoix, elle a dressé un inventaire des espèces d’oiseaux présentes durant l’été et a étudié le tracé de leurs migrations, en se penchant sur les modifications de celui-ci en raison des transformations climatiques.

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Geneviève Chevalier, 2016. Photo : René Bouchard

Son œuvre finale regroupait le matériel lié à ses observations (photographies, croquis et enregistrements audio) et à ses recherches (ouvrages divers, instruments et documents remis par les participants). Des cartels proposaient des réflexions scientifiques, poétiques et conceptuelles autour des éléments présentés. La démarche favorisait aussi une participation du public invité à contribuer au projet par des observations personnelles, notamment lors de sorties d’ornithologues amateurs. Au cours de l’année qui a suivi le Symposium, elle publiait l’ouvrage Bord d’attaque. Bord de fuite, résultat d’une résidence en Écosse où elle a développé les questions abordées au Symposium.

Artiste et commissaire indépendante, Geneviève Chevalier a été boursière du Fonds de recherche du Québec‒Société et culture (FRQSC). Elle a complété des études postdoctorales en muséologie à l’École multidisciplinaire de l’image de l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Elle a été une artiste en résidence à Sporobole, centre en art contemporain en 2018, au Centre for Contemporary Arts de Glasgow en 2017, au Banff Centre et au Vermont Studio Centre. Son travail a été présenté à Optica centre d’art contemporain et au Musée régional de Rimouski en 2018, au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul en 2016, au Musée de Lachine en 2015, à La Chambre blanche dans le cadre de la Manif d’art 7 à Québec et à la Thames Art Gallery en Ontario en 2014.

Elle a réalisé à titre de commissaire invitée l’exposition L’idée du territoire : une exploration des collections, au Centre d’exposition de l’Université de Montréal en 2018, Sur le terrain à Oslo8 contemporary photography, à Bâle, Suisse, en 2015 ainsi que l’exposition in situ Projet Stanstead ou comment traverser la frontière à la Galerie d’art Foreman de l’Université Bishop’s à Sherbrooke entre 2011 et 2012.

Frédéric Cordier
Montréal (Québec), originaire de Lausanne (Suisse)

Frédéric Cordier s’inspire de photographies et d’observations effectuées à proximité de sites industriels, qu’il visite afin de s’imprégner de l’atmosphère qui en émane. Il en recomposer un paysage à partir de formes graphiques simplifiées évoquant une certaine abstraction, la reproduction de matériaux manufacturés et la planche d’encyclopédie.

Les juxtapositions de motifs et de formes de ses composition créent une ambiance irréelle où l’industrie lourde est associée à des phénomènes de visibilité plus évanescents, se traduisant en motifs psychédéliques et en compositions relevant de l’art optique et du pointillisme.

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Frédéric Cordier, 2016. Photo : René Bouchard

Pendant toute la durée du Symposium, il s’est consacré à la réalisation d’une linogravure de grand format d’une vue portuaire intégrant des grues, bateaux et autres machineries autour du thème du conteneur, une icône de la mobilité des marchandises servant de prétexte à créer de nouveaux motifs et une variété de textures.

Par opposition à l’infrastructure figée et immobile que représente l’usine, le conteneur incarne l’unité modale mobile de l’économie moderne. Conçu en fonction d’un transit facile, il incarne le flux constant de marchandises créé par les échanges commerciaux internationaux. Cette même adaptabilité lui permet également d’être transformé en habitation lors de situations d’urgence ou assemblé sous forme de maisons d’architectes, autant de manifestations liées aux conditions de mobilités contemporaines.


Né au Canada mais formé en Suisse, Frédéric Cordier vit et travaille aujourd’hui entre Montréal et Lausanne. Il détient un baccalauréat en arts visuels de l’École cantonale d’art de Lausanne (ECAL), une haute école de renommée internationale. Il réalise des installations de papier peint, notamment dans la chapelle de Tell de Montbenon à Lausanne et dans des usines désaffectées à Tbilissi, en Géorgie, et à Paris. En 2011, il bénéficie d’une résidence de six mois à l’atelier du Canton de Vaud, et à la Cité internationale des arts de Paris, où il travaille sur de grandes linogravures. Il a présenté plusieurs expositions individuelles au Québec et en Europe notamment à l’URDLA Centre international estampe et livre à Villeurbanne en 2013 et 2014. Il est représenté par la Galerie Laroche/Joncas de Montréal.

Thibault Laget-ro
Grosrouvre (France)

Thibault Laget-ro s’intéresse depuis plusieurs années au concept de liberté et à son expérience relative d’un individu à l’autre et en fonction de conditions sociales variées. Ses recherches plastiques opposent ceux qui vivent des événements portant atteinte à leur liberté et leur violence corolaire, à ceux qui assistent à ces tensions, en différé ou à distance, dans un grand confort.

Pour ce faire, il travaille en collaboration avec des reporters de guerre. Il s’est ainsi penché sur le conflit israélo-palestinien, le Printemps arabe et, plus récemment, sur la guerre en Syrie.Au cours des dernières années, l’exode et l’exil, ces fuites ultimes pour échapper à la mort, se sont imposées comme préoccupations principales. Depuis, il tente de retracer les e périples de migrants autour de la traversée de la Méditerranée, l’une mer périlleuse et redoutée.

Dans le cadre du Symposium, l’artiste a exploré dans un tableau de grande dimension la notion de pied-à-terre dans un style pictural très graphique. S’inspirant des rues, des plages, des quais, des bateaux transitant au large de Baie de Saint Paul, il imaginera ces mêmes endroits accueillant en grand nombre des familles de migrants. Des lieux communs et connus, éléments du quotidien somme toute banals pour certains, seront alors montrés comme la promesse d’une vie meilleure pour d’autres.

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Thibault Laget-Ro, 2016. Photo : René Bouchard

En parallèle à cette fresque pictural et autour d’une démarche plus conceptuelle, il produit et édité une série de passeports, remis aux visiteurs et attestant de leur identité, de leur appartenance et de leur jouissance d’une certaine liberté. Au fil de l’événement, ces sésames leur donnaient la chance de prendre conscience de leur position privilégiée. Avec le temps, ces documents s’abîmeront, ou seront volés ou perdus, soulignant en cela que la liberté est aussi précieuse qu’éphémère.

Né à Tokyo, Thibault Laget-ro est un peintre figuratif. Diplômé en économie de l’université Sorbonne I, il assiste aux ateliers d’Hubert de Chalvron et de Jean-Marc Thommen à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il travaille ensuite avec le sculpteur Arnaud Kasper et poursuit son apprentissage dans le cadre d’une résidence à Santa Fe aux États-Unis. Parallèlement à son activité de peintre, il a publié un recueil de nouvelles aux éditions Kalara en 2012. La même année, il a obtenu le troisième prix Daniel Walter de la nouvelle lors du festival Summerlied pour un autre ouvrage.

Michèle Mackasey
Saskatoon (Saskatchewan)

En tant qu’artiste, Michèle Mackasey se sent investie d’une certaine responsabilité sociale et développe ses œuvres comme autant d’occasions de collaborations inclusives.

À une époque où l’attention des médias et du public se tourne vers les réfugiés de partout dans le monde, des migrants à l’échelle globale, elle se penche sur l’itinérance qui sévit au Canada et dans nos villes, afin de remédier à la négligence et à l’oubli dont sont victimes les sans-abri que nous côtoyons quotidiennement.

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Michele Mackasey, 2016. Photo : René Bouchard

Grâce à une collaboration avec l’organisme Lauberivière, un refuge pour personnes en situation d’itinérance ou à risque de l’être et un centre multiservices d’accompagnement, elle a ajouté, à l,occasion du Symposium, une nouvelle itération à son vaste projet Quartier Souhaits-chez-toits (Wish-Home Neighbourhood).

Dans un élan d’empathie, les visiteurs ont été invités à dessiner un logement pour une famille ou une personne seule, à partir du récit de leur situation personnelle. Fixées à une grille suspendue au plafond, les maisons servant d’écrins aux dessins se déployaient de manière à reconstituer un ensemble d’habitations, un quartier de maisons-souhait, un rêve en voie de devenir une réalité. L’artiste oppose ainsi une certaine mobilité liée au luxe et aux privilèges de certains, à l’itinérance causant un stress quotidien énorme pour les individus et les familles qui ne bénéficient pas d’un logis.

Née à Chibougamau au Québec, Michèle Mackasey vit et travaille maintenant à Saskatoon. Elle détient un diplôme en beaux-arts, dessin et peinture, du Ontario College of Art and Design. Son travail a été présenté lors d’expositions individuelles à la Mendel Art Gallery de Saskatoon, à la Godfrey Den Art Gallery de Yorkton et la Grace Campbell Gallery de PrinceAlbert, et en duo avec Joe Fafard dans L’art fransaskois au Musée de la civilisation à Québec. De 2012 à 2014, elle participait à une résidence d’artiste dans la communauté du YWCA de Saskatoon. Elle a aussi travaillé avec le conseil de bande et les membres de la English River Dene Nation.

Guillaume Adjutor Provost
Montréal (Québec)

À travers des formes indéterminées inspirées de documents divers, Guillaume Adjutor Provost sonde l’inconscient, la notion d’usage et la construction d’idéaux. Sa pratique artistique tient lieu d’espace de recherche, interrogeant notre relation à la contemporanéité : naviguant au milieu de nos ambiguïtés, nos déceptions et nos aspirations. Il aborde ainsi des questions liées aux phénomènes tangentiels et aux contre-pouvoirs de ce qui fait «histoire» : par exemple, la contreculture, les archives personnelles, les théories queer, le psychédélisme et la science-fiction.

Au Symposium, il a réalisé une série de dessins psychédéliques et produit une performance de Sarah Chouinard-Poirier s’inspirant d’une collection de cartes QSL, échangées entre camionneurs durant les années 1970-80 et liées à leurs communications radio à ondes courtes. Ce système de communication témoignant d’une culture idiosyncrasique propre à cette communauté de nomades.

Au début de la radiodiffusion, la capacité d’un poste de radio à émettre et à capter des signaux éloignés était une source de fierté pour de nombreux utilisateurs passionnés. Similaires aux cartes postales, les cartes QSL constituaient alors une confirmation écrite de transmission entre deux opérateurs de radio amateur. On retrouvait sur celles-ci les coordonnées de la fréquence d’émission, ainsi qu’une illustration accompagnée du nom ou du pseudonyme de l’opérateur ayant capté la transmission.

Guillaume Adjutor Provost termine actuellement un doctorat en étude et pratique des arts à l’Université du Québec à Montréal. Ses recherches, tant plastiques et qu’académiques, portent sur la notion d’art «commissarial», ancré dans la mise en exposition comme mode de création, en vertu d’approches interdisciplinaires.

Son travail a été diffusé lors d’expositions individuelles et collectives au Canada, au Couvent des Récollets en France et à la Fondation Christoph Merian en Suisse. Il a également participé à plusieurs résidences d’artiste au Canada et à l’étranger. L’année précédente, lors de l’édition 2015 du Symposium, il s’était vu remettre la bourse Jean-Claude Rochefort, soulignant sa contribution originale à l’étude des pratiques actuelles en art et en commissariat d’exposition.

Momar Seck
Genève (Suisse) et Dakar (Sénégal)

Momar Seck s’intéresse aux objets laissés pour compte et perçus comme matériellement misérables, qu’il investit d’une charge symbolique nouvelle. Sous forme de métissages heureux, le mélange de matériaux, de couleurs, de poésie, d’effets pluriels rend possible une réelle porosité entre les cultures et les cosmogonies.

Il plonge ainsi le spectateur dans des réalités de la vie quotidienne dont les rebus et les débris évoquent les souvenirs et les traces d’origine, ainsi que les ruptures, les déplacements et es transformations qui suivirent. Au-delà des apparences, il développe ainsi une réflexion sur le réel, la singularité des objets, l’ingéniosité des artistes, de même que sur l’interdisciplinarité et la pluralité des cultures, où il se plaît à faire ressortir le caractère ludique de la création.

Au Symposium, il a invité les visiteurs, notamment les enfants, à réaliser avec lui de petites barques en bois et à partir de matériaux récupérés (vieilles cannettes de boissons gazeuses et divers contenant en aluminium et en métal léger). Ces barques seront ensuite peintes de couleurs variées et fixées à une structure de bois plus imposante elle aussi en forme de barque.

Son installation consistant en une présentation visuelle animée, s’érigeait en symbole du mouvement et des phénomènes de mobilités, liant la récupération d’objets, à leur commerce et au transport des marchandises par son matériau, ainsi que les phénomènes de migrations humaines par le motif reproduit grâce à un art de la récupération tout-à-fait africain, ici réinventé.

Né à Dakar au Sénégal, Momar Seck vit et travaille à Dakar et à Genève en Suisse. Il détient un diplôme de l’École normale supérieure d’éducation artistique de Dakar et de l’École supérieure des Beaux-Arts de Genève. Il a également complété un doctorat en arts plastiques de l’université de Strasbourg en France. Il a présenté son travail dans le cadre d’expositions individuelles et collectives en Suisse, en France et en Italie ainsi qu’au Sénégal, au Cameroun et au Mali. Sa participation au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul une deuxième présentation de ses œuvres en Amérique, après sa participation à la 12e biennale de LaHavane à Cuba.

Anne-Sophie Turion
Pantin et Marseille (France)

Anne-Sophie Turion privilégie des formes de narration éclatées se présentant comme autant de situations à l’essai et d’histoires potentielles.

Elle procède par collage de matériaux narratifs issus de registres distincts et par l’emploi de techniques artistiques empruntées aussi bien au théâtre qu’au cinéma (accessoires, didascalies, bandes sonores, bruitages, ou voix off). Elle travaille avec ces codes, ces formules parlant avec évidence, qu’elle jumelle à des allusions révélant les creux, les manques et les failles par où s’infiltrent l’absurde et le burlesque.

Par le biais de propositions plastiques ou d’actions performatives, elle cherche avant tout à mettre au jour la part active de nos récits intimes et collectifs. Ses propositions soulignent d’ailleurs les seuils où ceux-ci s’entremêlent.

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Anne Sophie Turion, 2016. Photo : René Bouchard

Au Symposium, elle a réalisé un ensemble de plaques commémoratives fictives, oblitérant une sélection de celles déjà en place dans divers sites dans la Ville de Baie-Saint-Paul. Avec la collaboration de citoyens, notamment de résidants de la rue Saint-Adolphe, une ancienne rue piétonne au cœur du noyau historique villageois, elle a créé pour une soirée une animation de rue, reproduisant des scènes de cinéma au son de musiques de films grand public diffusées simultanément à la radio communautaire.

Née à Paris, Anne-Sophie Turion détient un diplôme en scénographie de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Elle avait précédemment étudié la mise en scène à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) et le design à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Aux frontières des disciplines artistiques, elle signe autant des scénographies et des dispositifs sonores, que des œuvres plastiques (photographies, performances et installations dans l’espace public). Elle a exposé en France, au Centre d’art contemporain de la Ferme du Buisson (Noisiel), au Centre d’art de la Villa Arson (Nice), aux Abattoirs (Toulouse) et à la Friche La Belle de Mai (Marseille), ainsi qu’en Italie à Centrale Fies. Elle a également exposé au VIVO Media Arts Center de Vancouver (Canada) et à Pékin en Chine. Elle a participé à de nombreuses résidences d’artiste en France et à l’étranger.

François Morelli
Président d’honneur du 34 e Symposium

Président d’honneur de la présente édition du Symposium intitulée Mobilités, François Morelli se démarque par son intérêt pour les notions de passage, de circulation et de transformation. Il est reconnu pour ses performances axées sur la marche réalisées en contexte urbain notamment à Montréal, à Vancouver et à Berlin, ou à la campagne dans les Hautes-Laurentides, au Pays de Galles et en Europe continentale.

Dans le cadre du Symposium, une petite exposition intitulée Passages d’électrons libres lui a été consacrée. Elle regroupait des dessins, ainsi que des estampes et des sculptures poursuivant le rêve d’évoluer librement qui anime ses déambulations. Les premiers montrent des individus en interactions dynamiques ambigües, relevant autant de complicités que de rivalités. Les estampes et les sculptures de la série Belt Heads composent d’étranges marionnettes, des alter ego tout aussi manipulables que manipulateurs, échos lointains des appareils technologiques, comme l’ordinateur personnel et le téléphone cellulaire, sur lesquels s’ancrent aujourd’hui une expérience de mobilité.

L’inauguration de l’évènement a aussi accueilli, L’indéterminé et le possible dans l’œuvre de François Morelli — Conversation entre François Morelli et son fils Didier.

François Morelli explore dans ses interventions sous forme de déambulations, les rapports de l’artiste avec la société, les interactions entre individus et l’expérience de l’œuvre d’art. Dans un entretien informel avec son fils, ils ont dégagé ensemble les grandes lignes de leurs pratiques respectives en performance. Par la suite, François et Didier Morelli ont été invité par Artexte et Skol à poursuivre les échanges amorcés dans le cadre du Symposium.

Artiste de renom né à Montréal, François Morelli obtient un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia en 1975. De 1981 à 1991, il réside en région new-yorkaise où il complète une maîtrise à la Rutgers University en 1983, avant d’y enseigner pendant quelques années. De retour à Montréal, il enseigne d’abord à l’Université du Québec à Trois-Rivières et devient par la suite professeur à l’Université Concordia. Depuis 1976, son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles et collectives et a été présenté dans le cadre d’événements de performances.

Également artiste interdisciplinaire, Didier Morelli mène de front une pratique de la performance et poursuit des études doctorales sur la performance à la Nothwestern University aux États-Unis. Sa pratique se déploie dans des espaces publics extérieurs, en rupture avec le flux imprévisible, mais régulier de la vie courante. Réévaluer la critique, le temps et l’impossible. Il explore ainsi les normes physiques, sociales, politiques, linguistiques et spatiales, afin d’y aménager une brèche permettant une perspective critique de l’autorité.

Nicolas Dickner
Figure d’inspiration

Nicolas Dickner naît à Rivière-du-Loup, dans une famille de la classe moyenne. Il étudie les arts plastiques et la littérature, puis travaille dans les technologies de l’information. Au tournant du siècle, il conçoit des bases de données au Pérou, écrit de la fiction en Allemagne. En 2005, il publie son premier roman Nikolski qui lancera sa carrière d’auteur. En 2016, il avait signé trois romans et quatre recueils de textes brefs. Il vit actuellement à Montréal avec sa famille.

Son ouvrage Six degrés de liberté lui a valu le prix littéraire du Gouverneur général en 2015. Il y raconte l’amitié entre une jeune fille avide de repousser les limites de l’expérience humaine et un hacker cherchant à optimiser la circulation mondiale de marchandises. Dans le cadre du Symposium, il a prononcé une conférence où il a expliqué sa démarche de recherche autour de l’écriture de ce roman qui a été la source d’inspiration du thème Mobilité de la présente édition du Symposium.

Pierre Bourgault
Récit conté d’une pratique de navigation

Artiste de Saint-Jean-Port-Joli et issu d’une famille de sculpteurs sur bois, Pierre Bourgault s’inspire des grands espaces et de ses expériences personnelles de marin. Depuis plusieurs années, il se consacre à une série de grands dessins réalisés en bateau sur le fleuve Saint-Laurent ou la rivière Hudson.

Sa conférence a porté sur la finalité et les sources d’inspiration de ses œuvres, notamment la flèche sur la rivière du Gouffre, les grands dessins et les constructions de blocs de sel sur le fleuve Saint-Laurent et son estuaire, et la vidéo de navigations sur la rivière Hudson. Il interprète ces grandes réalisations comme un développement des théories des peintres automatistes.

Atelier SILEX de Trois-Rivières
Kiosques mobiles d’Isabelle Gauvin et Henri Morissette

Dans l’aire de stationnement de l’aréna accueillant le Symposium, l’Optométriste-factice Isabelle Gauvin procédait à des examens de la vue aux visiteurs consentants, à l’aide de barniques révélant une vision singulière du monde, alors que La Roulotte à Bobby d’Henri Morissette proposait des casse-croutes sculpturaux fabriqués d’objets et d’outils hétéroclites récupérés.

Marie-Christiane Mathieu
Musique de char / Toujours plus à l’ouest

Dans le cadre d’une conférence Marie-Christiane Mathieu a expliqué les concepts entourant sa pratique itinérante en prenant comme d’exemple, son projet Musique de char / Toujours plus à l’ouest. À cette occasion, elle a présenté quelques archives audio et vidéo du projet, recueillies sur les 10 000 kilomètres parcourus entre l’île Fogo à Terre-Neuve et l’île de Vancouver ainsi que les œuvres qui ont émergé au cours de ce trajet.

Artiste et professeure à l’École des arts visuels de l’Université Laval, Marie-Christiane Mathieu vit et travaille entre Montréal et Québec.

ENGLISH

The Symposium in two words

The Baie-Saint-Paul International Contemporary Art Symposium is a unique event in Quebec. Each year, for one month, twelve artists from different generations and from various disciplines are invited to create a work in public view around a theme. To the program are added lectures, artist presentations, fun kiosks and screenings related to this theme.

The Symposium, over 30 years

Over the past 30 years, the Symposium has welcomed more than 400 artists from 28 countries in Europe, America, Asia and Africa. The event welcomed renowned artists and served as a springboard for several emerging artists, including Christopher Boyne, Mathieu Cardin, Annie Descôteaux, Anna Hawkins and David Martineau Lachance, during the 2015 edition and whose work was shown more than once since.

Mobilities

Addressing current mobility, this edition of the International Symposium of Contemporary Art of Baie-Saint-Paul is part of a series dealing with changes linked to the development of technologies and started in 2015 with the theme Whispers of everyday life.

Throughout the twentieth century, our societies have been marked by the evolution of transportation and communications, as well as by the development of infrastructure and networks that have made these changes possible. Today, the widespread use of technologies and network connections contribute to a general feeling of circularity. Whether you move yourself or not, mobility plays an important role in our lives.

At the dawn of modernity, artists, including Italian futurists, were fascinated by speed and movement. As a third industrial revolution, anchored in fluidity, begins today, how do artists view this phenomenon, its motivations and its consequences?

The twelve artists selected for the 34th edition of the Symposium explore the imaginary of travel and the phenomena of migration, the movement of objects and goods, means and networks of transport, as well as nomadic communities based on a shared experience of displacement or wandering.

Nicole Bauberger
Whitehorse, Yukon

Nicole Bauberger is a painter who has worked for several years on a series titled Get There From Here, made up of paintings created to the rhythm of one every 50 km of the Trans-Canada Highway, which she has travelled from the Pacific Coast to the Atlantic and from the Far North to southern Canada.

In an unusual but quite legal way, she thus examines the public spaces that are situated along this road network, a huge cultural project to which we will contribute as Canadians and appreciate as travellers. She also produces an ongoing series of encaustic paintings on the dress motif, which she presents in a way that reveals a personal experience of displacement, coming from sensibility to place, independent of the great transportation and communications networks.

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Nicole Bauberger, Near The Symposium, 2016. Photo : René Bouchard

During the Symposium, she exhibited 10 paintings made to the east of the crossroads where one exits the Trans-Canada Highway, heading for Baie-Saint-Paul, and 10 paintings showing each of the 50 km to the west of the same spot. From photographs taken in the Charlevoix region, she completed this series with paintings of roads in the surrounding Charlevoix’s area, particularly highways 138 and 362. In addition to this, 100 Dresses for Baie-Saint-Paul were made up as small encaustic paintings inspired by the cultural life of people in the Charlevoix region.

Nicole Bauberger lives and works in Whitehorse. She explores, through painting, the notions of presence and place. A graduate of Trent University in mathematics and English studies, she continued her studies at the Ontario College of Art and then worked as an apprentice in the studio of painter David Bierk. In 2016, she completed a research project on traditional First Nations weaving, with a view to obtaining a diploma in northern studies from Yukon College in Whitehorse.

She has done artist residencies in national parks and in cultural organizations. His works are regularly exhibited in Canada. His participation in the Baie-Saint-Paul International Contemporary Art Symposium was the first presentation of the Get There From Here series in Eastern Canada.

Patrick Beaulieu
Orford (Quebec)

Patrick Beaulieu is a multidisciplinary artist who expresses himself through performative journeys, sculptures, videos, photographs and installations.

For about 12 years, his work has evolved around the experiences and encounters he has had on his poetic, performative peregrinations across North America, Europe and Asia, particularly Méandre, L’échelle de Beaufort––La marche du vent, Transfriable, as well Vegas, Ventury and Vecteur Monarque that he has carried out in collaboration with writers, philosophers, graphic designers and landscape architects. These travels lead to the development of a body of visual work inspired by natural phenomena (winds, tides and migratory cycles), luck, chance or the synchronicity of situations.

At the Symposium, Patrick Beaulieu made a series of short excursions during which he tried to reach imaginary destinations following the directions given by people he came across on the way. By poetically appropriating the place names of the region, he sought to reach these fictitious places, linked to local geography and history. His excursions allowed him to collect or produce traces and documents in the form of short videos, photographs, geopoetic maps and collections of objects.

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Patrick Beaulieu, El Perdido, 2016. Photo : Marie Perrault

Patrick Beaulieu lives and works in Orford in the Eastern Townships. He holds a BFA in visual art from the Université du Québec à Montréal. For more than 12 years, he has exhibited his work regularly in Canada, Quebec and abroad, particularly in Belgium, France, Singapore and Mexico, a country where he has participated in several artist residencies. He also has produced numerous public art works for schools, libraries, health-care institutions and parks in several Quebec regions. He is represented by Galerie Art Mûr in Montreal.

Camille Bernard-Gravel
Québec City, Québec

Camille Bernard-Gravel is inspired by simple natural phenomena, easily observed on a daily basis or in our immediate environment. Her art research is nourished by her attention to the interactions between water, air and light, as well as to the movements and sounds produced by these elements.

She uses industrial materials or stemming from human activity, to reinterpret natural phenomena such as rain, wind and the reverberation of light, and reproduce their sound qualities. Through videos, installations, kinetic sculptures and audio-visual works, she evokes the intangible character of these epiphenomena.

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Camille Bernard-Gravel, 2016. Photo : Marie Perrault

Her work calls upon notions of mechanics and links the elements in a fluid system in a kind of performance, making us aware of the poetry of nature which she perceives as a network of dynamic and mobile interrelations. At the Symposium, she produced kinetic elements inspired by the development of plants and sensitive to the presence of visitors, themselves disturbing elements, within an artificially created bio-mechanical ecosystem.

A native of Quebec, Camille Bernard-Gravel holds a bachelor’s degree in visual and media arts from Laval University. Her work has been the subject of individual exhibitions in Quebec and abroad. His works have also been shown during artist residencies in France, Thailand, and Mexico.

Eveline Boulva
Québec City, Québec

Themes of territory and landscape are central to Eveline Boulva’s art practice. Territory here is defined as a geo-social space in which collective identities and imagination are an integral part. This is the raw material of landscape from which the artist’s subjective perception of natural or humanized spaces is conceived.

Preliminary trips and journeys are an essential part of Eveline Boulva’s creative process. This is when she observes and experiences the territory in order to analyse it and understand its specific character. She then tries to translate and express the intrinsic heterogeneousness and the specificities of these spaces in the form of paintings and drawings, conveyors of a sense of belonging to one’s milieu.

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Eveline Boulva, 2016. Photo : Marie Perrault

During the Symposium, the artist worked from aerial photographs of the banks of the St. Lawrence River, which she reinterpreted by superimposing multiple painstakingly applied layers of acrylic glaze, ranging from lightly colored gray tinted to glaze colored. Digital matrices isolating each of these shades will be cut out of a vinyl film, serving as a stencil during the application of the successive layers of the pictorial material. In the very production of the paintings, the representation takes on a topographic character where, on the darkest tones applied first, the lightest tones are then superimposed and up to white, gradually constructing reliefs.

Born in Quebec, where she lives and works, EvelineBoulva holds a doctorate from Laval University combining visual arts and geography. She has presented her work in several exhibitions and has also participated in creative residencies in Quebec, Canada and abroad. She has produced several works of public art and her works are part of private or institutional collections. She is represented by Galerie Lacerte.

Samuel Breton
Québec City, Québec

Samuel Breton’s approach is embodied in multimedia animations and collages, where poetry acts as an evocative force allowing us to explore reality.

He juxtaposes and superimposes references to everyday objects and deliberately giving them an enigmatic and poetic sense. To do this, he freely uses traditional mediums, such as drawing and writing, which he combines with animated video. He thus explores the parameters of current culture and that inherited from the past, through image and language, photography and animation.

At the Symposium, he developed a performative video installation inspired by a Nordic clothing icon, the traditional Sorel boot, evocative of walking trips in winter. Around the model designated « Eskimo » dating from the 60s, he questioned this appellation perceived as pejorative by the Inuit, along with our stereotypical perception of their culture. This winter boot has become a true temporal marker of the past. It will enable the artist to broach the theme of mobility at its basic level, as a factory-made article of clothing associated with human walking, at the same time that it poetically relates the outcome of the Europeans’ explorer mobility in America.

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Samuel Breton, 2016. Photo : René Bouchard

Reproduced in an oversized format on the studio wall, the Sorel boot became a décor, alternately an ice field, dwelling and sea shore in which the artist juggles with the Eskimo stereotype, as a figurine integrated into a staging that is almost burlesque., but critical.

Samuel Breton holds a bachelor’s degree in fine arts from Concordia University (2010) and a master’s degree in visual arts from Laval University (2012). His installations combine drawing, animated cinema and video. Her work has been presented in Quebec and Canada. shortly before the Symposium, he obtained a Première Ovation grant in visual arts for the production of the Owl and Ushanka projects.

Geneviève Chevalier
Eastman (Quebec)

Acting as an artist, curator and academic researcher, Geneviève Chavalier broaches her artistic practice in a conceptual and contextual manner. Her work develops both in the exhibition space and through academic research and critical writing. She is interested in current socio-political and ecological issues related to natural, geographic, institutional or discursive sites.

Making the gallery a place for sensory experience and research, she uses objects, images and text to explore the possibilities that their organized presentation reveals as an exhibition. She is always seeking to expand the boundaries of this staging, in particular through the presentation of object collections and informations gathered at the sites that she explores or studies.

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Geneviève Chevalier, 2016. Photo : Marie Perrault

In Baie-Saint-Paul, she carried out research around the issue of seasonal migration of birds, a phenomenon likely to change in the near future. Based on observations made by hiking the Cap de Charlevoix Trail, she drew up an inventory of the bird species present during the summer and studied the route of their migrations, focusing on the modifications of it. because of climate change.

Her final work included material related to her observations (photographs, sketches and audio recordings) and her research (various works, instruments and documents provided by the participants). Cartels offered scientific, poetic and conceptual reflections around the elements presented. The approach also encouraged the participation of the public invited to contribute to the project through personal observations, especially during trips with birdwatchers. In the year following the Symposium, she published Bord d’attaque. Bord de fuite, as a result of a residency in Scotland where she developed the questions addressed at the Symposium.

Geneviève Chevalier is an artist and independent curator. She completed post-doctoral work in museum studies at the École multidisciplinaire de l’image at Université du Québec en Outaouais (UQO). As an artist, she has presented her work in group exhibitions at the Musée Lachine in Montreal and at LŒil de Poisson in Quebec City in 2015, as well as at the 7th edition of Manif d’art in Quebec City in 2014. Her installation Mon Boisé was shown at Maison de la culture Notre-Dame-de-Grace, Montreal in 2016 and Orford: Insular Territory, at the Thames Art Gallery in Chatham, Ontario in 2014.

She published regularly in art magazines and journals and has worked as an exhibition curator. She has participated in residencies for artists and curators at Centre Sagamie in Alma, at the Banff Centre in Alberta and at the Vermont Studio Center in the USA.

Frédéric Cordier
Montréal (Quebec) and Lausanne (Switzerland)

Photographs taken and observations carried out around industrial sites inspire Frédéric Cordier to compose his prints. These visits enable him to absorb the atmosphere of these places and create a landscape, using simplified graphic forms that evoke a certain abstraction and the reproduction of manufactured materials.

These juxtaposed motifs and forms produce an unreal ambience, in which heavy industry is associated with more evanescent visibility phenomena, being rendered as psychedelic motifs and compositions relating to Op art and pointillism.

Throughout the Symposium, he created a harbour view, integrating cranes, boats and other machinery into large-scale linocuts on the theme of the container, an icon serving as a pretext to create new motifs and a variety of textures. In contrast to the fixed and immobile infrastructure that the factory represents, the container embodies the mobile modal unit of our modern economy.Conceived of as an easy means of transit, it represents the constant flow of merchandise created by international commercial exchange.This same adaptability also enables it to be transformed into a dwelling during emergency situations, or assembled in the form of architects’ houses, all expressions linked to the conditions of contemporary mobility.

Born in Canada but trained in Switzerland, Frédéric Cordier now lives and works between Montreal and Lausanne. He holds a bachelor’s degree in visual arts from the Cantonal Art School of Lausanne (ECAL). He creates wallpaper installations, notably in the Tell de Montbenon chapel in Lausanne and in disused factories in Tbilisi, Georgia, and in Paris. In 2011, he received a six-month residency at the workshop of the Canton of Vaud, and at the Cité internationale des arts de Paris, where he worked on large linocuts. He has presented several individual exhibitions in Quebec and Europe, notably at the URDLA Center international estampe et livre in Villeurbanne in 2013 and 2014. He is represented by Galerie Laroche / Joncas in Montreal.

Thibault Laget-ro
Grosrouvre (France)

For several years, Thibault Laget-ro has been interested in the concept of freedom and in one person’s experience of it relative to that of another and according to various cultural contexts. His art practice contrasts those who live through events that undermine freedom and their violent consequences, with those who witness these tensions, at a later time several thousand kilometers away in considerable comfort.

To do this, he works in collaboration with war correspondents. This is the way that he has looked at the Israeli-Palestinian conflict, the Arab Spring and, more recently, the war in Syria before this became an international concern. Gradually, the exodus, this ultimate flight to escape death, has become his main concern. Since then, he has endeavoured to trace this journey of crossing the Mediterranean Sea, one of the most perilous and dreaded expanses of water.

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Thibault Laget-Ro, 2016. Photo : René Bouchard

In the context of the Symposium, he explored the notion of pied-à-terre in a very graphic pictorial style. Taking inspiration from ships passing by off the coast of Baie-Saint-Paul and looking atthe streets, beaches and docks, he will imagine these same places receiving a great number of migrant families. Common and well-known places, elements of daily life that are humdrum for some, will be shown as the promise of a better life for others.

In parallel to this imagined scene and taking a more conceptual approach, he will produce a series of 200 passports, documents providing proof of identity, of belonging and the advantage of a certain freedom. Over the course of the event, these 200 passports that “open doors” will be distributed to visitors, giving them the chance to become aware of their privileged position. With time, these documents will become damaged, lost or stolen, and with a little luck they even will cross some borders. This chain will not go on forever and its fading will emphasize that freedom is both invaluable and ephemeral.

Born in Tokyo, Thibault Laget-ro is a figurative painter. He has a degree in economics from Université Sorbonne 1, and was a student in the studios of Hubert de Chalvron and Jean-Marc Thommen at the École normale supérieur des beaux-arts de Paris. He then worked with sculptor Arnaud Kasper and continued his training at a residency in Santa Fe in the United States. Along with his activities as a painter, he published a collection of short stories at Éditions Kalara in 2012. The same year, he received the third Daniel Walter short story prize for another work at the Summerlied Festival.

Michele Mackasey
Saskatoon (Saskatchewan)

As an artist, Michèle Mackasey feels a certain social responsibility and develops her works as many occasions for inclusive collaborations.

When the media and the public are focused on refugees from everywhere in the world, migrants on a global scale, she looks at itinerancy, which is rampant in Canada and in our cities, in order to find a solution to the negligence and disregard that victimize the homeless people we meet everyday.

Thanks to a participation with the Lauberivière, an organization offering a refuge for people in homelessness or at risk of being homeless and a multi-service support center, During the Symposium, Michèle Mackasey produced an installation in the context of her huge project Quartier Souhaits-chez-toits (Wish-Home Neighbourhood) created with the participation of visitors.

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Michele Mackasey, 2016. Photo : René Bouchard

The grouping was composed of small houses made in aid of the homeless. In a certain gesture of empathy, the visitors were invited to draw a dwelling for a family or someone alone, from an account of their own situation. Attached to a grid hanging from the ceiling, the small houses will serve as support for drawings and will be displayed so as to create a small area of the city or a neighbourhood of wish homes, a dream on the way to becoming a reality. A component of the work will be made up of illuminated small houses, the light showing that the dwelling is inhabited. The artist thus contrasts a certain mobility linked to the luxury and privilege of some, with the itinerancy that causes enormous stress daily for people and families who do not have a home.

Born in Chibougamau, Quebec, Michèle Mackasey now lives and works in Saskatoon. In 1991, she completed a fine arts degree with distinction in drawing and painting at the Ontario College of Art and Design. Since then, she has presented her work in solo exhibitions in particular Face à nous at the Mendel Art Gallery in Saskatoon, at Godfrey Den Art Gallery in Yorkton and Grace Campbell Gallery in Prince Albert and then in duo with Joe Fafard in L’art Fransaskois at the Musée de la civilisation in Quebec City. From 2012 to 2014, she had an artist residency to work in the community at the YWCA in Saskatoon. She currentlyis working in collaboration with the Band Council and the members of the English River Dene Nation.

Guillaume-Adjutor Provost
Montréal (Quebec)

Through a certain indeterminism of forms, Guillaume Adjutor Provost’s work probes expressions of the unconscious, notions of the use and construction of ideas. His artistic practice becomes a space for research, a place to examine our relation to contemporaneity: navigating within its deceptions and states of uncertainty. More specifically, he broaches issues on the periphery of what makes history: the counterculture, personal archives, queer theories, the psychedelic state and science fiction.

At the Symposium, he produced a series of psychedelic drawings and produced a performance by Sarah Chouinard-Poirier inspired by a collection of QSL cards, exchanged between truckers during the 1970s-80s and linked to their shortwave radio communications. This communication system testifying to an idiosyncratic culture specific to this community of nomads.

In the early days of broadcasting, the ability of a radio to transmit and pick up distant signals was a source of pride for many passionate users. Similar to postcards, QSL cards then constituted a written confirmation of transmission between two amateur radio operators. These included the coordinates of the transmission frequency, as well as an illustration accompanied by the name or pseudonym of the operator who received the transmission.

Guillaume Adjutor Provost completed a doctorate in study and practice of the arts at the University of Quebec in Montreal in 2017.His research in both the practical and academic fields is concerned with the notion of art curating, namely the use of interdisciplinary approaches to presenting an exhibition as a mode of creation.

His work has been presented in solo and group exhibitions in Canada, at Couvent des Récollets in France and at Fondation Christoph Merian in Switzerland. He has a studio at the Darling Foundry in Montreal. He has also participated in several artist residencies in Canada and abroad. During the 2015 Symposium, he was awarded the Jean-Claude Rochefort grant, highlighting his original contribution the study of contemporary art practices and exhibition curating.

Momar Seck
Geneva (Switzerland) and Dakar (Senegal)

Momar Seck is interested in discarded objects that are seen as essentially worthless, which he then give sa new symbolic charge. The mixing of materials, colours, poetry and numerous effects creates an actual porosity between various cultures and diverse cosmogonies.

His works immerse the viewer in realities of daily life whose rejects and debris evoke memories and traces of origin, as well as the ruptures, displacements and transformations that followed. Beyond appearances, he thus develops a reflection on reality, the singularity of objects, the ingenuity of artists, as well as on interdisciplinarity and the plurality of cultures, where he likes to bring out the playfulness of creation.

At the Symposium, he invited visitors, to make small boats from recycled materials (old cans of carbonated drinks and various aluminum and light metal containers). These boats were then be painted in various colors and fixed to a more imposing wooden structure, also in the shape of a boat.

His installation was set up as a symbol of movement and the phenomena of mobility, linking the recovery of objects, their trade and the transport of goods by its material, as well as the phenomena of human migration by motif reproduced thanks to an entirely African art of recovery, here reinvented.

Born in Dakar in Senegal, Momar Seck lives and works in Dakar and Geneva in Switzerland. He holds a diploma from the École Normale Supérieure d’Education d’Art in Dakar and the École Supérieure des Beaux-Arts in Geneva. He also completed a doctorate in plastic arts from the University of Strasbourg in France. He has presented his work in individual and group exhibitions in Switzerland, France and Italy as well as in Senegal, Cameroon and Mali. His participation in the International Symposium of Contemporary Art in Baie-Saint-Paul a second presentation of his works in America, after his participation in the 12th biennial of LaHavane in Cuba.

Anne-Sophie Turion
Pantin and Marseille (France)

Anne-Sophie Turion favours forms of fragmented narrative, appearing as so many potential stories and possible situations to explore.

She proceeds with a collage of narrative elements, stemming from distinct states of mind and through the use of artistic techniques borrowed from both theatre and film such as props, stage directions, soundtracks, sound effects and voice off. She works with these codes, and eloquently spoken formulas, that she combines with allusions revealing the holes, gaps and flaws of the initial remarks, into which seep the absurd and the burlesque.

By means of visual suggestionsand performative actions, she attempts above all to reveal the fabrication of our private and collective stories. Her workshighlight the thresholds in which the private and the collective intermingle. The project that she would like to produce during the Symposium is structured around these questions.

At the Symposium, she produced a set of fictitious commemorative plaques, obliterating a selection of those already in place at various sites in the City of Baie-Saint-Paul. With the collaboration of citizens, especially residents of rue Saint-Adolphe, an old pedestrian street in the heart of the historic village core, she created for an evening a street animation, reproducing cinema scenes to the sound of great film music public broadcast simultaneously on community radio.

Born in Paris, Anne-Sophie Turion received a degree, summa cum laude, in scenography from the École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris in 2010. Previously, she studied directing at the Université du Québec à Montréal and design at the École nationale supérieure des arts decorative de Paris. Working on the borders of traditional artistic disciplines, she has created many stage settings and soundscapes as well as art works such as photographs, performances and installations in public spaces. She has exhibited in France at Centre d’art contemporain de la Ferme du Buisson, Noisiel, at Centre d’art de la Villa Arson, Nice, at the Abattoirs, Toulouse and at Friche La Belle de Mai, Marseille, as well as at Centrale Fies, Italy. She also has presented her work at VIVO Media Arts Centre in Vancouver, Canada and inBeijing, China, and has participated in numerousartist residencies in France and abroad.

François Morelli
Honorary President of the 34th Symposium

Honorary President of this edition of the Symposium entitled Mobilities, François Morelli is known for his interest in the concepts of passage, circulation and transformation. He is recognized for his walks performed in urban contexts, notably in Montreal, Vancouver and Berlin, or in the countryside in the Hautes-Laurentides, Wales and continental Europe.

At the Symposium, a small exhibition entitled Passage of Free Electrons was dedicated to him. it brought together drawings, prints and sculptures, pursuing the dream of evolving freely which animates his journeys. The drawings reprsented individuals in ambiguous dynamic interactions, coming as much from complicity as from rivalry. The prints and sculptures from the Belt Heads series consisted of strange puppets, alter ego just as manipulable as manipulative, distant echoes of technological devices, such as the personal computer and the cell phone, on which a mobility experience is anchored. .

The inauguration of the event also welcomed, The indeterminate and the possible in the work of François Morelli – Conversation between François Morelli and his son Didier. In which, Morelli presented his interventions, in the form of strolls, emphasizing the artist’s relationships with society, other individuals and works of art, in an informal discussion with his son.

Renowned artist born in Montreal, François Morelli obtained a bachelor of fine arts from Concordia University in 1975. From 1981 to 1991, he lived in the New York region where he completed a master’s degree at Rutgers University in 1983, before teaching there for a few years. Back in Montreal, he first taught at the University of Quebec in Trois-Rivières and later became a professor at Concordia University. Since 1976, his works were seen in numerous individual and group exhibitions and has been presented as part of performance events.

Also an interdisciplinary artist, Didier Morelli develops a performance practice in the context of doctoral studies at Northwestern University in the United States. His practice takes place in outdoor public spaces, breaking away from the unpredictable but regular flow of everyday life. He explores physical, social, political, linguistic and spatial norms, in order to create a breach allowing a critical perspective of authority.

Nicolas Dickner
Inspirational figure

Nicolas Dickner was born in Rivière-du-Loup, from a middle-class family. He studied visual arts and literature, then worked in information technology. At the turn of the century, he designed databases in Peru, wrote fiction in Germany. In 2005, he published his first novel Nikolski, which launched his career as an author. In 2016, he had signed three novels and four collections of short texts. He currently lives in Montreal with his family.

The original French novel Six Degrees of Freedom, around the friendship between a young girl eager to push the limits of human experience and a hacker seeking to optimize the global circulation of goods, won him the Governor General’s Literary Prize in 2015. As part of the Symposium, he gave a conference where he explained his research approach around the writing of this novel which was the source of inspiration for the Mobilities theme of this edition.

Pierre Bourgault
Storytelling of an artistic navigation practice

An artist from Saint-Jean-Port-Joli and from a family of wood sculptors, Pierre Bourgault is inspired by the great outdoors and his personal experiences as a sailor. For several years, he has devoted himself to a series of large drawings made by boat on the St. Lawrence or Hudson rivers.

His conference focused on the purpose and sources of inspiration for his works, in particular La flèche sur la rivière du Gouffre (Arrow on the Rivière du Gouffre), the large drawings and the construction of blocks of salt on the St. Lawrence River and its estuary, and the videos documenting sailing on the Hudson River, which h interprets as following the theories of automatic painters.

Atelier SILEX from Trois-Rivières
Mobile kiosks by Isabelle Gauvin and Henri Morissette

In the parking area of the arena hosting the Symposium, l’Optométriste factice (Dummy Optometrist) Isabelle Gauvin performed eye exams on consenting visitors, using glasses revealing a unique vision of the world, while La Roulotte à Bobby (Bobby Mobile Shack) presented by Henri Morissette proposed sculptural snacks made of heterogeneous objects and tools recovered.

Marie-Christiane Mathieu
Musique de char / Toujours plus à l’ouest (Car music / Always further west)

In her conference Marie-Christiane Mathieu explained the concepts surrounding her itinerant practice in her project Musique de char /Toujours plus à l’ouest. She presented some audio and video archives of the project, collected on the 10,000 kilometers traveled between Fogo Island in Newfoundland and Vancouver Island, as well as the works that emerged during this journey.

Artist and professor at the School of Visual Arts at Laval University, Marie-Christiane Mathieu lives and works between Montreal and Quebec.

 

 

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