Art Souterrain 2020 – RESET

En 2020, avec le thème RESET, Art Souterrain invitait le public répondre à la question : « Si l’on vous proposait de repartir à zéro, comment imagineriez-vous le monde ? » / If you could start from nothing how would you imagine the world?” Humanity is at a turning point. Should we persist in our habits or become aware of our repetitive way of life in order to rebuild from the ground up?”  (Français / English)

ENGLISH FOLLOW

À la suite d’une première collaboration avec Art Souterrain lors de L’art de redéfinir le genre – Vitrines sur l’art , le directeur artistique, Frédéric Loury, m’a invitée à agir comme commissaire pour l’édition 2020 du festival placée sous le thème de «RESET». J’avais déjà exploré les imaginaires de la construction historique au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul dont le thème Présence des passé chapeautait l’édition 2017.

Dans le cadre de RESET, j’ai pris plaisir à développer de nouvelles collaborations avec des artistes que j’avais connus dans ce contexte : Caroline Monnet, Sarah Wendt et Pascal Dufaux et le Cabinet de Fumisterie appliquée. J’ai aussi saisi l’occasion pour poursuivre cette réflexion autour de collaborations avec des artistes dont je suivais le travail depuis un moment : arkadi Lavoie-Lachapelle, Bonnie Baxter, Daniel Corbeil, Dominique Sirois, Skawennati et j’ai renouvelé mon approche du travail de JJ Levine, que j’ai présenté lors de Vitrine sur l’art en 2018 autour des questions de genre.

Les artistes réunis ici imaginent le présent et le futur à partir de perspectives nouvelles, qui vous invitent à aussi rêver l’avenir. Leurs travaux étaient présentés au Complexe Guy-Favreau (Daniel Corbeil), au Palais des congrès de Montréal (arkadi lavoie-lachapelle), au Centre de commerce mondial (JJ Levine et Skawennati), à la Place Victoria (Sarah Wendt + Pascal Dufaux et le Cabinet de fumisterie appliquée (Elsa Ferry et Anastasia Bolchakova), à la Cité internationale (Caroline Monnet et Dominique Sirois) et dans un lieu satellite à l’Observatoire de la Place-Ville-Marie (Bonnie Baxter).

Marie Perrault, commissaire invitée

Daniel Corbeil
Vit et travaille à Montréal

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Daniel Corbeil, Module de survie, 2014-2018, installation architecturale . Photo Thierry du Bois

Module de survie (2014 – 2018) est une installation architecturale qui offre l’expérience de ce que pourrait être dans un avenir aux ressources alimentaires et énergétiques limitées un habitat écologique zoomorphe et modulaire, permettant à chacun d’être autonome. Dans l’esprit des «earthships» (ces « géonefs » qui reposent sur l’idée du recyclage et de l’autosuffisance), ce module constitue la projection, imaginée par Corbeil comme sculpteur, d’une habitation pouvant produire de la nourriture, de l’eau filtrée et du gaz pour les besoins domestiques.

L’installation simule un habitat « éco-technologique» évoquant, par sa forme ovoïde constituée de panneaux hexagonaux translucides, une serre qui conjugue l’espace d’habitation avec une fonction de production alimentaire. Préoccupé, depuis plusieurs années, par les transformations rapides imposées à l’environnement par la présence humaine, Daniel Corbeil a voulu en rendre compte en empruntant à l’imaginaire des sciences environnementales, tout comme à celui de l’architecture éco-technologique. Il reviendra au visiteur de déterminer le caractère utopique ou dystopique de cette éco-fiction ludique.

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Daniel Corbeil, Module de survie, 2014-2018, vue intérieure. Photo Thierry du Bois

Natif de Val-d’Or, Daniel Corbeil vit et travaille à Montréal. Il est titulaire d’un baccalauréat en arts plastiques de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue de Val-d’Or et d’une maîtrise en arts plastiques de l’université du Québec à Montréal. Depuis 1999, il enseigne les arts plastiques au Cégep du Vieux-Montréal. Son travail a été présenté régulièrement partout au Québec, de même qu’au Canada et à l’étranger, et se retrouve dans plusieurs collections publiques et privées. Daniel Corbeil a aussi réalisé plusieurs œuvres d’art public.

 

arkadi lavoie-lachapelle
Vit et travaille à Montréal

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arkadi lavoie lachapelle, La chorale, 2019. Photo : Thierry du Bois

Cette pièce de mobilier artisanal, mobile et démontable, a été créée par arkadi lavoie lachapelle, en collaboration avec l’ébéniste Gilles Rivard. Depuis 2012, elle a été présentée dans différents lieux. Cette œuvre procure une expérience de partage, obligeant à créer des liens entre individus garants d’un avenir fondé sur la solidarité.

En octobre 2015, dans le cadre d’un projet avec Verticale centre d’artistes, l’œuvre a été installée dans le couloir principal de l’école secondaire Mont-de-La Salle de Laval, et ce, pendant toute l’année scolaire. Les élèves, les membres du personnel, les parents ainsi que les visiteurs se sont alors approprié ce banc singulier, s’y berçant ensemble au gré des conversations ou simplement pour s’y détendre. À l’automne 2016, une résolution de l’instance démocratique étudiante de l’école, le Parlement du Mont, appuie une démarche d’acquisition d’une version plus solide du banc.

Par la suite, le conseil d’établissement de l’école a donné son aval à cette demande des élèves. Depuis, une campagne de sociofinancement s’est ajoutée à la mobilisation des élèves pour acquérir le banc de manière permanente. L’actuelle présentation invite à partager l’expérience de solidarité qui a uni ces étudiants autour de cette cause. Suffisamment d’argent a été amassé pour que la reconstruction de «La chorale 2» aille de l’avant en 2020-2021, afin qu’elle soit installée de façon permanente à l’École secondaire du Mont-de-La-Salle, comme le souhaitent les élèves.

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arkadi lavoie lachapelle, La chorale, 2019. Photo Thierry du Bois

Les manœuvres clandestines, les performances éphémères dans l’espace public, ou les installations en galerie d’arkadi lavoie lachapelle créent des situations qui remettent en question l’idéologie productiviste ambiante et lui opposent une certaine résistance, en créant notamment une atmosphère de fête et de célébration. Née l’année de la chute du mur de Berlin et de la tuerie de la Polytechnique, élevée dans la campagne lanaudoise ans une famille de classe moyenne, arkadi lavoie lachapelle vit et travaille à Montréal. Elle collabore à l’organisation d’événements comme le festival VIVA! Art.

 

JJ Levine
Vit et travaille à Montréal

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JJ Levine, Family 2020. Impression numérique à partir de négatif couleur. Photo Thierry du Bois

Dans cette sélection de photographies et de vidéos, JJ Levine aborde l’amitié, la vie de couple et familiale de ses proches et amis qui s’identifient à la communauté LGBTQ+. Pour ces personnes, l’espace privé du domicile constitue le lieu de libre expression d’un choix de genre et de sexualité souvent marginalisés.

À l’aide d’appareils professionnels et de jeux d’éclairage, JJ Levine recrée un studio de photographie dans l’intimité de leur environnement domestique. Entre mises en scène et documents d’archives, les portraits qu’il réalise engagent de vraies personnes dans leur propre rôle, dans des moments et des lieux intimes, où chacun réinvente la parentalité. Présentées dans l’espace public, les œuvres de JJ Levine offrent une alternative aux représentations hétéronormatives de la structure familiale. Elles contribuent à la mise en avant-plan de structures familiales queer et trans, rarement représentées dans ce contexte ou dans les médias. Ces oeuvres célèbrent l’ordinaire ainsi que l’exceptionnel de cette réalité.

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Grand cœur d’enfant (2020), film super 8 avec son, adapté au format vidéo
Voix et ukulele : Hubert Trahan. Reprise musicale de «Au 27-100 rue des partances» (2006) de Pierre Lapointe.  Photo Thierry du Bois

JJ Levine est un artiste qui vit et travaille à Montréal. Sa pratique s’articule autour de revendications politiques de la communauté LGBTQ+. Il est connu pour les séries « Queer Portraits », « Alone Time » et « Switch », exposées aux États-Unis et en Europe ainsi que publiées dans des magazines, des journaux ou des livres d’artiste. Son travail a été reconnu par de nombreux prix et bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada. Il a été finaliste pour le Prix découverte Louis Roederer en 2019 lors des Rencontres de la photographie d’Arles.

 

Skawennati
Vit et travaille à Montréal

Skawennati, Calico + Camouflage : Assemblée, 2020

Skawennati, Calico and Camouflage : Assembly, 2020. Photo : Marie Perrault

L’installation de Skawennati consiste en des avatars activistes se rassemblant l’espace du Centre de commerce mondial, avec des motifs textiles surdimensionnés couvrant ou enveloppant différents éléments architecturaux. Interpellée par le caractère passéiste des représentations d’autochtones, ainsi que par leur quasi absence de récits futuristes, Skawennati imagine des avatars cyberpunk s’immisçant dans l’actualité et revendiquant un avenir pour leurs communautés.

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Skawennati, Calico and Camouflage : Assembly, 2020. Photo : Thierry du Bois

Autour d’une ré-interprétation de motifs de camouflage, que portent beaucoup d’autochtones vivant dans des réserves, ou lors de manifestations, et de motifs calicots des chemises à rubans appréciées comme regalia, l’artiste occupe littéralement la galerie marchande du Centre de commerce mondial. Porteurs d’identité, ces motifs rappellent l’ensemble des revendications des communautés autochtones.

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Skawennati, Calico and Camouflage : Assembly, 2020. Reset. Photo Thierry du Bois

La présentation d’une collection de vêtements signés Skawennati sert aussi de contre-poids aux vêtements vendus dans les commerces de mode à proximité. Elle rompt avec les représentations parfois nostalgiques or folkloriques des autochtones pour les situer de plein-pied dans l’actualité en tant qu’agents de tendances et de mouvances contemporaines. Des artistes autochtones tels que Katsi’tsakwas Ellen Gabriel ont associé le camouflage, l’activisme et le corps autochtone pour faire des collections de mode. Par cette présentation protéiforme, Skawennati crée un art abordant l’histoire et inventant l’avenir de ces communautés.

Skawennati, Calico + Camouflage : Assemblée, 2020

Skawennati, Calico and Camouflage : Assembly, 2020. Photo : Marie Perrault

Née dans le territoire mohawk de Kahnawà:ke, Skawennati appartient au clan des tortues. Son travail a été largement présenté au Canada et à l’étranger et fait partie de collections publiques et privées. Elle co-dirige avec Jason Edward Lewis le AbTeC (Aboriginal Territories in Cyberspace), un réseau de recherche-création d’artistes et d’universitaires qui explorent et créent des environnements visuels autochtones. En 2015, elle a aussi lancé avec Lewis l’Initiative for Indigenous Futures (IIF) vouée au développement de représentations futuristes des peuples autochtones. Elle est représentée par ELLEPHANT.

 

Sarah Wendt + Pascal Dufaux
Vivent et travaillent à Montréal

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Sarah Wendt + Pascal Dufaux, The Mountain Moves While My Fingernails Grow, 2019
Installation à Art Souterrain 2020. Photo Thierry du Bois

Sarah Wendt + Pascal Dufaux développent en collaboration une pratique conceptuelle et matérielle en réinvention constante. Leurs démarches respectives s’amalgament en une œuvre intuitive et émouvante, évoquant le contrepoint. En musique, le terme désigne deux phrases qui se répondent en faisant émerger par chevauchement une nouvelle mélodie, où le tout dépasse la somme des parties. Dans la pratique de Wendt et Dufaux, ce principe agit comme un cadre de jeu ouvert permettant une exploration libre du processus plastiques de la sculpture et de la performance.

Wendt + Dufaux, The Mountain Moves While My Fingernails Grow, 2019 (video)

Autour d’un travail de ré-enchantement du monde, leurs œuvres expriment leur propre ruine, ainsi que celle des matières, des objets et des paysages mis en scène, autant qu’elles suggèrent des futurs potentiels. Elles questionnent alors les expériences partagées d’une condition post-humaine à travers des (inter) actions avec des objets protéiforme, captivant le spectateur par leurs qualités sensorielles. À la fois utopiste et survivant, le spectateur participe à une mise en scène colorée d’objets picturaux et sculpturaux, agissant comme autant de réminiscences spatio-temporelles.

Née à Charlottetown à l’Île-du-Prince-Édouard, Sarah Wendt est basée à Montréal. Elle a étudié la danse contemporaine à MainDance à Vancouver et le cor français à l’Université de Victoria. Originaire de Marseille, Pascal Dufaux vit à Montréal où il a étudié en scénographie et en art visuel à Concordia. Leurs travaux respectifs ont été montrés au Canada, au Mexique, en Europe et en Australie. Depuis 2015, ils élaborent ensemble un travail mêlant chorégraphie, performance et installation, présenté au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, au Mois Multi, au OFFTA et à Axe Néo7 à Gatineau.

 

Le Cabinet de Fumisterie Appliquée (CFA)
(Elsa Ferry et Anastasia Bolchakova)
Vivent et travaillent à Paris en France

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Cabinet de Fumisterie Appliquée, Horizon 2050 : Le banquet, 2016. Photo Thierry du Bois

« Horizon 2050 – Le Banquet » s’inscrit dans un projet artistique multi-format, incarnant une représentation du futur autour d’un portrait-robot des pratiques alimentaires de la seconde moitié du XXIe siècle. L’ensemble s’inspire de l’ouvrage « Manger en 2050 » de Jean-Roger Helmin, édité par les artistes et compilant hypothèses et don- nées scientifiques ainsi que des anticipations futuro-fumistes. Illustrant la réduction drastique des modes d’accès à l’alimentation, « Horizon 2050 » se déploie en un BIG BANG SELF et en Unités de distribution alimentaire gouvernementale (UDAG) destinés aux populations, de même qu’en un Laboratoire de la commission internationale du commerce étoilé (CICE) veillant à nourrir les élites.

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Cabinet de Fumisterie Appliquée, Horizon 2050 : Le banquet, 2016. Menu. Photo Thierry du Bois

Destiné à ces dernières, « Banquet » témoigne d’une consommation d’insectes ou de vers, réactivant des pratiques ancestrales, et d’aliments de synthèse, produits en laboratoire. Dans un contexte de gouvernance mondiale marqué par une croissance exponentielle des disparités, il atteste également d’un accès privilégié à une gamme de ressources diversifiées, plus saines, plus raffinées que celles dont bénéficie l’ensemble de la population.

Duo formé d’Elsa Ferry et de l’artiste d’origine russe Anastasia Bolchakova, toutes deux basées en France, le Cabinet de Fumisterie Appliquée (CFA) aborde les questions touchant notre avenir, au travers d’anticipations scientifiques et de scénarios catastrophes inspirés de l’actualité. Présentés en France, en Europe et au Québec, leurs projets, notamment l’édition « Manger en 2050 » et « Horizon 2050 », dont est tiré « Le Banquet », explorent le potentiel plastique, tragicomique et anxiogène de la prospective d’un avenir rapproché.

 

Caroline Monnet
Vit et travaille à Montréal

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Caroline Monnet, In the Name of Progress, 2018. Impressions numériques d’après des pyrogravures et des œuvres textiles originales. Photo Thierry du Bois

La série In the Name of Progress s’inspire de motifs traditionnels anishinabe transmis au fil de générations de matriarches. L’artiste souligne ainsi l’héritage par filiation de ce vocabulaire visuel. En même temps, elle rend hommage à la culture autochtone et à sa persistance malgré l’adversité. Dans les œuvres originales, la notion de progrès se manifeste dans les procédés utilisés par Monnet. La technique de pyrogravure où l’image est brûlée dans une essence indigène, notamment le cèdre blanc, devient une métaphore du traitement réservé aux Premiers Peuples. Entièrement brodée à la machine, l’œuvre originale portant la mention In The Name of Progress, renvoie aux premiers métiers automatisés, dont le fonctionnement a permis la révolution industrielle et l’avènement de l’informatique. Les œuvres imprimées exposées ici relèvent de techniques apparentées. Les motifs rappellent la disposition de micro-puces de circuits électroniques, une allusion à la domination de la technologie. L’ensemble témoigne des conséquences désastreuses du colonialisme en même temps qu’il en appelle à une vigilance face aux progrès de notre époque.

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Caroline Monnet, In the Name of Progress, 2018. Photo : Thierry du Bois.

Artiste multidisciplinaire originaire de Gatineau, Caroline Monnet vit et travaille à Montréal. Après des études à l’Université d’Ottawa et à l’Université de Grenade (Espagne), elle poursuit une carrière en arts visuels et cinéma. Ses œuvres ont été présentées au Canada et à l’étranger, notamment en Europe et aux États-Unis, notamment lors de la Whitney Biennial 2019, ainsi qu’au Musée d’art contemporain de Montréal, au Musée des beaux-arts du Canada et à la Biennale de Toronto. Ses œuvres font partie des collections de ces institutions. Caroline Monnet est représentée par la Galerie Division.

 

Dominique Sirois
Vit et travaille à Montréal

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Dominique Sirois, Perfect Skins, 2018 (Collaborateur : Gregory Chatonsky). Photo Thierry du Bois

Sous forme d’assemblages sculpturaux composés de céramiques, de moulages, d’images et d’objets trouvés, les installations de Dominique Sirois allient un savoir-faire artisanal à une approche critique de la technologie dans ses dimensions économiques, esthétiques, archéologiques et minéralogiques.

L’actuelle présentation s’inscrit dans une recherche anticipant un éventuel passé du futur promis par la technologie, notamment celui des visages, des corps et des peaux dont les représentations explosent aujourd’hui dans les réseaux sociaux. Tout se passe comme si ces images pouvaient être assemblées en une sorte de cartographie d’un corps collectif, désirant et désiré. L’artiste s’intéresse d’ailleurs à cette part affective liée au désir, et adopte une approche analogue à celle de l’économie comportementale, ancrée dans une réflexion sur le rôle du regard désirant face aux possessions matérielles et pécuniaires.

Dominique Sirois, Perfect Skins, 2018

Dominique Sirois, Perfect Skins, 2018 (détail). (Collaborateur : Gregory Chatonsky). Photo : Marie Perrault

Dans l’esprit des memento mori ou des vanités, l’esthétique de la ruine sert ici également à réfléchir à la portée éphémère des objets et des images. Leur altération avec le temps constitue d’ailleurs un motif récurrent du travail de Sirois.

Dominique Sirois vit et travaille à Montréal. Détentrice d’une maitrise en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal, elle y poursuit un doctorat. Ses installations ont été présentées au centre Clark, à la galerie Division et à Latitude 53 au Canada. Avec Grégory Chatonsky, elle a également exposé au Museum of Contemporary Art de Taipei, au Centre d’art d’Enghien-les-Bains, au Unicorn Center for Arts à Beijing, au Mois de la Photo de Montréal, à iMAL, Center for digital cultures and technology de Bruxelles et plus récemment à Diagonale, Montréal. Elle a aussi obtenu plusieurs résidences à l’étranger, notamment à Glasgow, à Paris et à Barcelone.

 

Bonnie Baxter
Vit et travaille à Val-David et Montréal

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Bonnie Baxter, RatKind. Paradise Lost et Poppies, 2018- auj. Photo : Thierry du Bois

Dans cette installation, Bonnie Baxter invite le spectateur à se projeter dans un avenir utopique / dystopique invraisemblable autour d’une communauté de rats humanoïdes ayant supplanté les humains. Sa présentation nous demande de dépasser notre peur et notre haine du rat et de surmonter nos idées reçues et nos préjugés. Ici, la proximité physique des rats avec les humains et leurs comportements sociaux similaires aux nôtres en font un miroir sombre de notre propre existence.

RatKind. Paradise Lost utilise la conscience inter-espèces pour sensibiliser les spectateur.e.s à l’environnement tant écologique que social et se veut un antidote aux inégalités croissantes, aux problèmes de droits humains et à la crise environnementale. Autour de l’avènement d’une communauté ayant échappé à un désastre écologique d’origine humaine, des ami.e.s et des connaissances de Baxter, devenu.e.s modèles ou interprètes, inventent une société basée sur l’empathie et le respect pour tous les êtres vivants, ainsi que sur une bienveillance pour la nature. La plupart des éléments de cette série ont été créés dans les jardins spectaculaires de la maison de l’artiste à Val-David.Les images de pavots et de poissons rouges de la série Poppies recréent ce lieu bucolique au sommet de la Place Ville-Marie.

Née à Texarkana au Texas, Bonnie Baxter vit et travaille à Val-David depuis 1972. Son travail d’installation allie l’art imprimé, la vidéo et la sculpture. Elle expose au Canada et à l’étranger depuis quatre décennies, dont récemment au Centre CLARK en 2020 et à la Galerie FOFA de l’Université Concordia en 2019, ainsi que lors de rétrospectives au Musée d’art contemporain des Laurentides (MAC LAU ), de Rewind (2005-07) et de Bonnie Baxter: Présent / Passé / Futur (2018-19). Boursière du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et du Conseil des arts du Canada à plus d’une reprise, elle a reçu le Grand Prix de la culture des Laurentides du CALQ en 2005, un prix comme formatrice de l’Université Concordia en 2016 et le grand Prix Soleil pour l’ensemble de sa carrière en 2018. Bonnie Baxter est représentée par la Galerie Division.

 

ENGLISH

Following a first collaboration with Art Souterrain (, its artistic director, Frédéric Loury, invited me to act as curator for the 2020 edition of the festival under the theme of « RESET ». I had already explored the imaginaries of historical construction at the International Contemporary Art Symposium in Baie-Saint-Paul, whose theme Presence of the Past. Inventing the future led the 2017 edition.

As part of RESET, I took pleasure in developing new collaborations with artists I had known in this context: Caroline Monnet, Sarah Wendt + Pascal Dufaux and the Cabinet de Fumisterie appliqué (CFA). I also took the opportunity to continue this reflection around collaborations with artists whose work I had followed for a while: arkadi Lavoie-Lachapelle, Bonnie Baxter, Daniel Corbeil, Dominique Sirois, Skawennati and I renewed my approach to work by JJ Levine, which I presented during Vitrine sur l’art in 2018 around gender issues.

The artists gathered here imagine the present and the future from new perspectives, which also invite you to dream of the future. Their work was presented at the Guy-Favreau Complex (Daniel Corbeil), at the Palais des congrès de Montréal (arkadi lavoie-lachapelle), at the World Trade Center (JJ Levine and Skawennati), at Place Victoria (Sarah Wendt + Pascal Dufaux and the Cabinet de Fumisterie Appliquée (Elsa Ferry and Anastasia Bolchakova), at the Cité internationale (Caroline Monnet and Dominique Sirois) and in a satellite location at the Place-Ville-Marie Observatory (Bonnie Baxter).

Marie Perrault, guest curator

Daniel Corbeil
Lives and works in Montréal

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Daniel Corbeil, Module de survie, 2014-2018. Photo Thierry du Bois

Module de survie is an architectural installation offering the visitor an opportunity to discover the potential form an ecological zoomorphic modular habitat could take, which would allow each person to live autonomously in a future where food and energy resources are limited. In the spirit of the earthship concept (based on the ideas of recycling and self-sufficiency), this module is a projection, imagined by Corbeil as a sculptor, of a home that can produce the food, filtered water and gas needed for domestic use

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Daniel Corbeil, Module de survie, 2014-2018. Photo : Thierry du Bois.

The installation simulates a “technologically green” habitat as an eggshaped greenhouse using translucent hexagonal panels in which living and food production areas are combined. Concerned for a number of years by the rapid rate of change imposed on nature by human actions, Daniel Corbeil has sought to tes- tify as to its impact through the prism of the environmental sciences and through the use of green technologies in architecture. The viewer alone must determine if the artist’s playful ecofiction is utopian or dystopian.

Having grown up in Abitibi, Daniel Corbeil lives and works in Montreal. He has a Bachelor of Fine Arts degree from the Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue as well as a Master of Fine Arts degree from the Université du Québec à Montréal. He has been teaching visual arts at the Cégep du Vieux-Montréal since 1999. His work has been regularly shown across Quebec, Can- ada and internationally. His pieces are collected by both public institutions and private individuals. Daniel Corbeil has also realized several public artworks.

 

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Vit et travaille à Montréal

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arkadi lavoie lachapelle, La chorale, 2019. Photo Thierry du Bois

This moveable and collapsible piece of artisanal fur-niture was created by arkadi lavoie lachapelle in collaboration with the cabinet-maker Gilles Rivard. Since 2012, it has been shown in different locations.This artwork aims to create a shareable space where individuals can come together, building a future based on common fellowship. In October 2015, as part of a project with Verticale – centre d’artistes, the piece was assembled in Mont-de-La Salle’s main hallway (a secondary school in Laval) for the entire school year. Students, staff members, parents and visitors made this singular bench their own, rocking together as they would chit-chat or simply sit down a moment to relax.

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arkadi lavoie lachapelle, La chorale, 2019. Photo : Thierry du Bois

In the fall of 2016, the school’s student democratic body, the Parlement du Mont, passed a resolution in favour of acquiring a more solid model of the bench. This motion from the students was en- dorsed by the school’s governing board. Since then, a crowdfunding campaign (http://www.gofundme. com/lachoraleaumont) has been organized in support of the students’ efforts to purchase the bench. Its presence here is an invitation to share in these students’ sense of community. Since then, enough money was raised for the reconstruction of La Chorale 2 to go forward in 2020-2021, so it can be permanently installed into the Mont-de-La-Salle secondary school, as the students wanted.

Using clandestine actions, pop-up performances in public spaces or gallery installations, arkadi lavoie lachapelle creates situations that bring into question today’s prevailing productivity-centred ideology, countering it up to a point by fostering a festive and celebratory atmosphere. Born the year of the fall of the Berlin Wall fell and of the Polytechnique shootings, raised in a middle-class family settled in Lanaudière, arkadi lavoie lachapelle lives and works in Montreal. She participates in the organization of events such as VIVA! Art.

JJ Levine
Lives and works in Montréal

JJ Levine, Joah 2019. Photo : Thierry du Bois

JJ Levine, Joah 2019. Art Souterrain 2020. Photo Thierry du Bois.

In this selection of photos and videos, JJ Levine examines how his family and friends who identify as members of the LGBTQ+ community experience friendship, living as a couple and family life. For these people, the privacy of the home is where they can freely express their choices regarding gender and sexuality, choices that are regularly marginalized. Using professional cameras and lighting equipment, JJ Levine recreates a photography studio within the privacy of their domestic environment. Half- way between staged scene and archive, these portraits reveal real people embodying their own roles in intimate places and times where each reinvents what it means to be a parent. Shown in a public space, JJ Levine’s works offer an alternative to representations of the heteronormative configuration of the family. They shed light on queer and trans family structures that are rarely portrayed in this context or in the media to celebrate both how ordinary and remarkable this reality in fact is.

JJ Levine, Art Souterrain 2020. Photo : Thierry du Bois

JJ Levine, Intimates 2018. Art Souterrain 2020. Photo Thierry du Bois

JJ Levine is an artist who lives and works in Montreal. His practice is centred around the LGBTQ+ community’s political demands. He is known for the Queer Portraits, Alone Time and Switch se- ries exhibited in the United States and Europe, likewise published in magazines, newspapers and artist books. His work has been awarded sever- al prizes and grants from the Conseil des arts et des lettres du Québec and the Canada Coun- cil for the Arts. He was shortlisted for the 2019 Prix découverte Louis Roederer presented by the Rencontres de la photographie d’Arles.

 

Skawennati
Lives and works in Montréal

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Skawennati, Calico and Camouflage : Assembly, 2020. Photo : Thierry du Bois.

Skawennati’s installation consists of activist avatars assembling throughout the space of the Centre de commerce mondial, with oversized textile patterns wrapping various architectural features. Called to action by the passé portrayals of Indigenous peoples as well as their almost total absence from futurist narratives, Skawennati imagines cyberpunk avatars that burst onto the scene and demand a thriving future for their communities here and now.

Skawennati, Calico and Camouflage : Assembly, 2020. Photo : thierry du Bois.03A0390

Skawennati, Calico and Camouflage : Assembly, 2020. Photo : Thierry du Bois.

By reinterpreting camouflage patterns, often worn by Indigenous people on reservations or during demonstrations, and the calico motifs of the ribbon shirts worn as regalia, the artist is literally occupying the shopping arcade of the Centre de commerce mondial. A conveyer of identity, these patterns are reminders of the resistance of First Nations to assimilation.

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Skawennati, Calico and Camouflage : Assembly, 2020. Photo Thierry du Bois

The clothing worn by the avatars will become Skawennati first fashion collection, and are also a manner of counteracting the fast fashions being sold in nearby stores. She breaks with the sometimes nostalgic or folkloric representations of Indigenous people to fully bring them into the 21st century as agents of contemporary shifts and trends. Indigenous artists such as Katsi’tsakwas Ellen Gabriel have connected camouflage, activism and the Indigenous body to make fashion statements.Through this polymorphous presentation, Skawennati creates an art which takes on history and imagines these communities’ future.

Born in Kahnawà:ke Mohawk Territory, Skawennati is a member of the turtle clan. Her work, which has been widely shown in Canada and internationally, is collected by both private individuals and public institutions. She co-directs, along with Jason Edward Lewis, the AbTeC (Aboriginal Territories in Cyberspace), a research-creation network of artists and academics who study and develop Indigenous visual environments.
In 2015, she and Lewis also launched the Initiative for Indigenous Futures (IIF) dedicated to developing visions of Indigenous peoples tomorrow. Skawennati lives and works in Montreal. She is represented by ELLEPHANT.

 

Sarah Wendt + Pascal Dufaux
Live and work in Montréal

Sarah Wendt, Pascal Dufaux, The Mountain Moves While My Fingernails Grow, 2019.

Sarah Wendt, Pascal Dufaux, The Mountain Moves While My Fingernails Grow, 2019. Installation à Art Souterrain 2020. Photo Thierry du Bois

Sarah Wendt + Pascal Dufaux have collaboratively developed a conceptual and material process that is constantly being reinvented. Their individual approaches coalesce to create an intuitive and emotional art piece that evokes the counterpoint, a musical term designating the melodic interaction of two conversing phrases resulting in the creation a new melody of which the sum is greater than the parts. Within Wendt and Dufaux’s practice, this principle acts like an open play framework that allows for the free exploration of the creative process behind sculpture and performance art.

Wanting to contribute to the re-enchantment of the world, their pieces express as much their own ruin, including that of the materials, objects and scenery used, as they hint at possible futures. Shared post-human experiences are questioned through (inter) actions with polymorphous objects whose sensory qualities captivate the spectator. Both utopian and survivor, the spectator participates in a colourful staging of sculptural and pictorial objects that act like so many recollections of moments in time.

Sarah Wendt + Pascal Dufaux, The Mountain Moves While my Fingernails Grow, 2019 (video)

Born in Charlottetown, Prince Edward Islands, Sarah Wendt is based in Montreal. She studied contemporary dance at MainDance in Vancouver and the French horn at the University of Victoria. Originally from Marseille, Pascal Dufaux lives in Montreal where he studied stage design and fine art at Concordia University. Each has shown their work in Canada, Mexico, Europe and Australia. They have been working together since 2015, creating pieces that combine choreography, performance and installation art, which have been presented at the Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, Mois Multi, OFFTA and Axe Néo7 in Gatineau.

Le Cabinet de Fumisterie Appliquée (CFA) (Elsa Ferry et Anastasia Bolchakova)
Live and work in Paris, France

CFA, Horizon 2050 : Banquet,2016. Photo : Thierry du Bois.

Cabinet de Fumisterie Appliquée, Horizon 2050 : Banquet, 2016. Photo : Thierry du Bois.

Horizon 2050 – Le Banquet is a segment of a multifaceted artistic project presenting an image of the future through the prism of the dietary practices of the second half of the 21 st century. The whole is based on Jean-Roger Helmin’s work Nutrition in 2050, edited by the artists, a compilation of scientific hypotheses and data as well as prankish futurist speculations. Attesting of a severe reduction in access to food, Horizon 2050 takes the form of a BIG BANG SELF and Govern- mental Food Distribution Units (UDAG) as well as the laboratories of the International Commission to a star-studded market at the command of the elite (CICE). Intended for these privileged few, Banquet showcases the consumption of insects or worms, a revival of ancestral practices, and of synthetic lab-made foods. In a context of a global governing system in the grips of exponentially growing economic disparity, it equally testifies to a preferential access to a range of more diverse, healthier and sophisticated resources than what most of the population can obtain.

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Cabinet de Fumisterie Appliquée, Horizon 2050 : Le banquet, 2016 (détail). Photo Thierry du Bois

The Cabinet de Fumisterie Appliquée (CFA) is the duo Elsa Ferry and the Russian-born artist Anastasia Bolchakova, both based in France. Together they tackle issues relating to our future through scientific speculations and disaster scenarios inspired by headlines. Their projects, present- ed in France, Europe and Quebec, notably the Nutrition in 2050 and Horizon 2050 edition, from which Le Banquet is taken, explore a foreseeable future’s plastic, tragicomic and anxiety-provoking potential.

Caroline Monnet
Lives and works in Montréal

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Caroline Monnet, In the Name of Progress, 2018.  Impressions numériques d’après des pyrogravures et des œuvres textiles originales. Photo Thierry du Bois

In the Name of Progress is inspired by traditional Anishinabe motifs that have passed on generation to generation through the maternal line. The artist here underscores the ancestral legacy of this visual vocabulary. At the same time, she pays tribute to Indigenous culture and its perseverance in the face of adversity. The idea of progress is made manifest by the methods Monnet used to produce the original works. The technique of pyrography, where the image in burned into a native wood species such as white cedar, is a metaphor for the treatment First Nations have been given. Entirely machine embroidered, the original In the Name of Progress artwork calls back to the first automatic looms that were central to the Industrial Revolution and the advent of computer technology. The prints shown here utilize related techniques. The motifs point to how microchips are arranged in electric circuits, an allusion to technology’s dominance. The whole testifies to the disastrous consequences of colonization while at the same time acting as a reminder to be vigilant regarding our era’s path to progress.

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Caroline Monnet, In the Name of Progress, 2018. Photo : Thierry du Bois.

Caroline Monnet is a multidisciplinary artist from Gatineau who lives and works in Montreal. Having finished her studies at the University of Ottawa and the University of Grenada (Spain), she is pursuing a career in the visual arts and in film. Her pieces have been shown in Canada and internationally in Europe and the United States, notably during the 2019 Whitney Biennial and the Toronto Biennale as well as being collected and shown at the Musée d’art contemporain de Montréal and at the National Gallery of Canada. Caroline Monnet is represented by Galerie Division.

Dominique Sirois
Lives and works in Montréal

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Dominique Sirois, Perfect Skins, 2018 (Collaborateur Gregory Chatonsky). Photo Thierry du Bois

Consisting of sculptural arrangements of ceramics, castings, images and found objects, Dominique Sirois’ installations blend artisanal know-how with a critical approach to technology regarding its economic, esthetic, archeological and mineralogical dimensions. This presentation involves investigating a prospective past of the future promised by technology, concerning most particularly the representations of faces, bodies and skins, which have today exploded on social media. Things are progressing as if these images could be compiled into some kind of map of a collective body, both seeker and sought. The artist is, moreover, interested in this emotional side of desire and adopts an approach analogous to behavioural economics, focusing on the place of the desiring gaze in relation to material possessions and wealth. In the spirit of memento mori or vanitas, the esthetics of the ruin are equally used here as a means of reflecting on the fleeting nature of objects and images. The way they change over time is likewise a recurring motif in Sirois’s work.

Dominique Sirois, Perfect Skins, 2018

Dominique Sirois, Perfect Skins, 2018 (détail). (Collaborateur : Gregory Chatonsky). Photo : Marie Perrault

Dominique Sirois holds a Master of Fine Arts from the Université du Québec à Montréal, she is currently completing a doctorate. Her installation pieces have been shown in Canada at the Centre Clark, Galerie Division and Latitude 53. In partnership with Grégory Chatonsky, she has also exhibited at the Museum of Contemporary Art of Taipei, at the Centre d’art d’Enghien-les-Bains, at the Unicorn Center for Arts in Beijing, during the Mois de la Photo de Montréal, at iMAL, the Center for digital cultures and technology in Brussels, and more recently at Diagonale (Montreal). She has also participated in several residencies abroad, notably in Glasgow, Paris and Barcelona.

Bonnie Baxter
Lives and works in Val-David and Montréal

Bonnie Baxter, RatKind. Paradise Lost et Poppies, 2018 - on going.

Bonnie Baxter, RatKind. Paradise Lost et Poppies, 2018- on going. Photo : Thierry du Bois.

In this installation, Bonnie Baxter asks the viewer to project themselves into a utopian/dystopian future where a community of humanoid rats have supplanted human beings. Her presentation encourages us to overcome our fear and hatred of the rat, a feeling of dread that is deeply rooted in our subconscious, and therefore move beyond our preconceived notions and prejudices. Here, the physical proximity of rats to humans and our shared social behaviours make them a mirror image of our own existence.

RatKind. Paradise Lost uses inter-species awareness to engage viewers’ consciousness of the environment, both social and ecological. It presents itself as an antidote to growing inequality, human rights issues and today’s environmental crisis. Within the theme of the emergence of a community that managed to survive a human-induced ecological disaster, Baxter’s friends and acquaintances perform as models and actors, and imagine a society based on empathy and respect for all living creatures and a feeling of goodwill towards nature. The majority of this series’ items were created in the artist’s spectacular gardens at her home in Val-David. The red poppies and goldfish images of the series Poppies recreate this bucolic place at the top of Place Ville-Marie.

Bonnie Baxter, RatKind. Paradise Lost et Poppies, 2018 - on going.

Bonnie Baxter, RatKind. Paradise Lost et Poppies, 2018 – on going (Detail from the series Poppies). Photo : Thierry du Bois.

Bonnie Baxter’s recent work is instilled with the spirit of social ecology and realized through experimental print, installation, sculpture, and video. Her continuing series, RatKind, uses inter-species awareness to engage viewers’ consciousness of the environment, both social and ecological. Recent exhibitions include Spirit Matter at Clark Centre in 2020, RatKind: Paradise Lost at FOFA, Concordia University in 2019, as well as three major surveys of her work at the Musée d’art contemporain des Laurentides (MAC LAU) including the touring exhibition Rewind (2005-07) and Bonnie Baxter : Présent / Passé / Futur (2018-19).

She was born in Texarkana, Texas and lives and works in Val-David, Québec where she founded the Atelier du Scarabée n 1982. Her work has been exhibited both nationally and internationally for more than 4 decades. In recent years her work has been awarded with the Prix Télé-Québec 2019 as part of the 11e BIECTR, the Prix les grand Soleils (a Lifetime achievement award) in 2018 and the Prix Charles Biddle in 2017. Bonnie Baxter is represented by Division Gallery.

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