À propos

Je m’intéresse à l’actualité des arts visuels et médiatiques, ainsi qu’à l’art public depuis plus de trente années. J’ai signé une cinquantaine de textes (essais, préfaces et compte-rendus) et conçu plusieurs expositions autour du travail d’artistes québécois, canadiens et étrangers. Tout au long de mon parcours, j’ai commenté avec soin les œuvres aussi près que possible de leur réalité et de mon appréhension personnelle de celles-ci.

Formée à l’Université de Montréal, mon parcours témoigne en filigrane autant de ma saisie graduelle du monde qui m’entoure, que de l’évolution de l’art contemporain et du discours qui l’accompagne, non plus ancré dans une analyse de la forme mais s’ouvrant aujourd’hui à la société qui l’a vu naître. Il met aussi en scène une histoire partielle et partiale s’écrivant au fil du temps avec le cumul de mes contributions à la polysémie entourant l’art contemporain. Plus qu’une chronologie, cette archive web, souligne donc mon engagement individuel au sein de cette collectivité. Elle documente en toute simplicité une appartenance dynamique réitérée au quotidien, dans mes activités de critique, de commissaire d’exposition ou de chargée de projets d’art public, esquissant un parcours en méandres, voire un labyrinthe, ponctué de pertes et de découvertes revisitées et réitérées.

Par ailleurs, les dispositifs associés au visible ont beaucoup évolué au cours des cinquante dernières années. Je me souviens de l’émoi causé par la toute première télévision couleur acquise par des voisins. Toute petite, fascinée et curieuse, je m’amusais avec des boites magiques : kaléidoscopes de cristaux aux couleurs translucides ou visionneuse stéréoscopique à roulette me permettant de voir en trois dimensions des scènes imaginaires tirées de mes livres d’enfant ou de mes films d’animation préférés. Ont suivi des jeux avec des microscopes miniatures ou réels, offerts par mon père scientifique, un cristallographe que ma sœur et moi accompagnions parfois à son laboratoire. Combien d’animaux elle et moi avons réalisés avec les billes et les tiges lui servant à réaliser des modèles atomiques, un type de représentation retrouvé avec surprise évoqué dans les œuvres d’artistes d’aujourd’hui . Jumelles et lunettes d’approche ont aussi modulé chacune à leur manière ma vision de mon environnement. Aujourd’hui un intérêt pour les dispositifs techniques et numériques complète mon expérience de cette évolution.

Ces souvenirs témoignent en quelque sorte d’un changement du paradigme du visible vécu en temps réel, en parallèle à mon engagement en art visuel. S’étant développé sur plus de trente années, ce dernier trace une trajectoire de mon œil ogre et avide, cherchant depuis l’enfance à s’ancrer au monde qui l’entoure.

Marie Perrault

 

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